Primetime : la chasse

Qu’il est loin le temps où Robert Pattinson campait le rôle de Cédric Diggory dans le quatrième volet d’Harry Potter !

Il faut dire que l’acteur britannique en a fait du chemin depuis interprétant des personnages assez complexes parfois sombres à l’instar de The Batman et tout récemment dans Die, my love. Une fois encore, il ne déroge pas à la règle en incarnant cette fois-ci, un présentateur télé aussi ambitieux que cynique, pour ne pas dire flippant quelques fois. 

Tout commence en 2006 à Burbank en Californie. Chris Hansen est le présentateur de l’émission How to catch a predator. Le concept est tout aussi simple que moralement discutable (selon certains), il s’agit de prendre des prédateurs sexuels sur le fait après que ces derniers aient été piégés par un acteur qui se fait passer pour un mineur. Au fil de l’année, l’émission cartonne au point que NBC décide de faire passer le programme en première partie de soirée. Pour Chris, c’est la consécration mais c’est également une pression supplémentaire. Face aux exigences de la chaîne et dans cette course effrénée à l’audimat, l’ambitieux présentateur entend bien faire de son show une référence… quitte à aller très loin ?

How to catch a predator a marqué l’histoire de la télévision américaine au milieu des années 2000 en raison de son concept aussi bien fluide que très limite. Fraser venait à la « rencontre » des pédophiles et autres détraqués afin de les confronter, leur dire qu’ils étaient filmés avant que ces derniers finissent par se faire cueillir les flics qui attendent bien sagement à l’extérieur. Un concept qui fascine autant qu’il divise car si certains considéreront l’émission comme de salubrité publique, elle interroge toutefois sur le rôle et la responsabilité des médias à jouer les justiciers en lieu et place des institutions dédiées justement. 

Face à cette question morale, Fraser a une opinion toute tranchée. Il n’en a pas justement ou plutôt si ! Il ne voit pas le côté controversé de l’histoire, pour lui les pédophiles et autres malades doivent être traqués, dénoncés au reste de l’Amérique et subir l’humiliation suprême, la seule façon de sauver des enfants, et donc des vies. Peu importe si les acteurs qui servent d’appât – notamment Dan, un jeune homme de 23 ans qui rêve de percer dans le milieu – n’en sortent pas forcément indemnes. 

Cependant, en adoptant cette ligne radicale, Fraser prend un certain risque, celui de se substituer à la justice et d’être par la même occasion, le porte-parole d’une vindicte populaire. Si la télé doit effectivement informer, doit-elle se transformer en un sommaire tribunal, bafouant au passage toutes le règles relatives à notre État de droit ? Cette question, à laquelle Fraser refuse de répondre – du moins de reconsidérer – finira par percuter ce dernier et son entourage de manière vertigineuse.

Avec un rythme assez dense, Primetime pose la lancinante question du rôle des médias entre devoir d’information et surenchère toujours plus problématique. Où est concrètement la limite ? Où sont nos principes moraux ? La question, on se la posait déjà il y a vingt ans et on continue à chercher la réponse encore aujourd’hui ! 

Primetime

Un film de : Lance Oppenheim

Avec : Robert Pattinson, Merritt Wever, Skyler Gisondo…

Pays : États-Unis

Genre : Biopic, Policier

Durée : 1h50

Sortie : le 23 septembre

Note : 16/20

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