Avoir un enfant, c’est le bonheur absolu, du moins sur le papier et selon ce que la plupart des gens vous dira. Dans certains cas, ce bonheur absolu peut très vite se transformer en enfer, en particulier pour la maman qui se retrouve dans une spirale de plus en plus infernale.
Pour s’en convaincre, direction le Montana et les montagnes Rocheuses. Grace et Jackson, un couple fusionnel, ont quitté New York pour s’établir à la campagne et y fonder leur famille. La naissance de leur fils devrait concrétiser ce beau projet. Cependant, la solitude et une certaine ambiance anxiogène s’emparent de Grace. Prise au piège, la jeune femme voit la réalité lui échapper progressivement et l’emmener vers un point de non-retour de plus en plus inéluctable.
La dépression post-partum. Un sujet que le cinéma traite de plus en plus tant le phénomène est de moins en moins tabou, en témoigne le précédent film que j’ai vu à ce sujet (et que je vous conseille vivement d’ailleurs). Un sujet dur, parfois difficile à appréhender mais qui est une réalité concrète pour certaines femmes qui vivent très mal leur nouvelle vie alors qu’elles ont justement porté la vie durant neuf mois.
Grace fait justement partie de ces femmes qui perdent pied. Elle a tout quitté pour s’installer dans le Montana, dans une maison qui appartenait à l’oncle de son mari. Une nouvelle vie qui devrait la réjouir, l’épanouir mais rien n’y fait. Pire, elle est seule face à son quotidien, un quotidien qui finit par l’étouffer à petits feux.
Dans ce contexte, Jackson pourrait être, devrait être même une aide précieuse pour Grâce. Cependant, il n’en est rien, lui qui passe son temps à travailler et qui lorsqu’il revient, ne trouve rien de mieux que de critiquer sa femme sur l’état de la maison.
Un couple qui, précédemment soudé voire fusionnel, s’enfonce progressivement et inéluctablement dans l’abime. Une situation à laquelle assiste le spectateur de façon totalement impuissante, comme si cela était écrit, comme si c’était le destin. Comme si cet enfant, qui devrait être le symbole de l’union, est devenu une malédiction, en particulier pour Grace.
Une Grace qui tombe lentement mais surement dans la folie, du moins dans une perte de repères. Une situation inextricable qui est un véritable appel au secours et face à laquelle, elle devra trouver le peu de lucidité qui lui reste pour espérer s’en sortir.
Présenté à Cannes lors du dernier festival, Die my love marque par sa lourdeur et la gravité du sujet qu’il porte (en même temps, difficile de faire plus funky, hein !). Jennifer Lawrence marque par sa fragilité, faisant de son personnage une femme qui d’une certaine manière, accepte son destin.
Die, my love
Un film de : Lynne Ramsay
Avec : Jennifer Lawrence, Robert Pattinson, Lakeith Stanfield, Sissy Spacek, Nick Nolte, Sarah Lind…
Pays : États-Unis
Genre : Drame
Durée : 1h59
Sortie : le 29 avril
Note : 14/20



