Tom Cruise a la particularité d’être toujours au top la soixantaine passée. Un homme qui a même réussi à nous faire oublier son appartenance à l’Église de Scientologie mais cela, c’est une autre histoire !
En attendant que ce sujet soit abordé (ou pas) dans le cadre d’un futur biopic, celui qui a participé à la passation de pouvoir entre Paris 2024 et Los Angeles 2028 nous campe un magnat du pétrole aussi déjanté, qu’irresponsable et cynique. Un homme qui, à force de creuser et de forer, pour avoir (beaucoup) plus de pétrole est responsable de la catastrophe qui nous arrive.
Digger Rockwell est un entrepreneur particulièrement puissant et riche. Il possède un grand groupe pétrolier qui exploite des gisements au large de l’Alaska, suivant un accord passé avec le gouvernement américain. Les affaires sont plus que prospères lorsqu’un incident majeur menace de porter atteinte à l’équilibre environnemental et géopolitique de la planète. Digger, qui a sa part de responsabilité, se pose soudainement en sauveur de l’humanité, non sans hypocrisie.
Lors de son investiture, le 20 janvier 2025, Donald Trump, tout triomphant mais surtout tout arrogant qu’il était, avait déclaré ceci « Drill, baby! Drill! », ce qu’on pourrait traduire par « Fore, bébé ! Fore ! ». Outre le double-sens que chacun appréciera (ou pas), cette sortie de l’actuel locataire de la Maison Blanche traduisait clairement l’état d’esprit d’une certaine Amérique, à savoir Business as usual, pour le reste on verra !
C’est précisément dans cette logique que se trouve Digger. L’homme est là pour se faire du pognon, avec la bienveillance, pour ne pas dire la complicité du gouvernement. Visé à ses écrans, il se préoccupe davantage de sa chatte très âgée et en fin de vie que des conséquences de ses propres actions sur les autres et plus globalement sur la planète.
Lorsqu’il est informé qu’un énorme bloc s’est détaché de l’Arctique et fonce tout droit vers les côtes européennes, Digger est, en toute logique, pointé du doigt. Cependant, il fait de cette crise, une opportunité. Une opportunité pour raconter un tout autre récit, imposer une toute autre lecture des évènements. La nature est mal en point ? Certes mais plutôt s’appuyer sur les Etats-Unis que sur les Chinois et les Russes pour se sortir du pétrin ! Les Américains ont leur part dans le dérèglement climatique ? C’est bien évidemment vrai mais cela n’a pas empêché les Européens à acheter et à consommer encore plus d’énergies fossiles !
C’est donc un Digger vicieux, outrancier mais surtout sans aucune morale, à qui on demande de résoudre le problème, en clair de jouer le pompier pyromane. On assiste au summum de l’hypocrisie et c’est justement ce qui fait la force du film d’Alejandro Gonzalez Inarritu. Cynisme et folie vont de pair et on plonge dans une histoire qui n’est avare en surprises et lectures parallèles.
Une histoire qui fait terriblement écho à l’Amérique d’aujourd’hui, ou plutôt une certaine Amérique, championne du cynisme, de la post-vérité et du mysticisme à tout crain. Avec l’idée que si certains s’improvisent en sauveur providentiel, ils peuvent devenir la haine incarnée.
Digger
Un film de : Alejandro Gonzalez Inarritu
Avec : Tom Cruise, Sandra Hüller, Riz Ahmed, John Goodman, Jesse Plemons…
Pays : Mexique
Genre : Action, Comédie
Durée : 2h09
Sortie : le 30 septembre
Note : 15/20



