Les films de guerre ont toujours quelque chose de remarquable et d’agréable à regarder, on l’a vu cet été avec le dytique consacré au Général de Gaulle et à la France Libre. Même si on connaît l’issue, c’est toujours intéressant et impressionnant de se plonger dans un récit assez dense avec le suspense qui va avec.
C’est notamment le cas avec le Débarquement allié en Normandie qui, comme vous le savez, fut crucial pour la suite et fin de la Seconde Guerre mondiale. Un dénouement qui aurait pu être totalement différent si les troupes britanniques et américaines avaient décidé d’atteindre la France, le 5 et non le lendemain et c’est tout le sujet de Pressure.
Nous sommes le 2 juin 1944. James Stagg, météorologue de la Royal Air France, se rend au QG des forces alliés avec une mission bien précise. Il doit déterminer à quel moment les Britanniques et les Américains pourront lancer le débarquement sur les côtes normandes. Pour ce faire, il détermine et regroupe plusieurs données ayant pour but de donner une réponse claire au commandement militaire dirigé par le général Eisenhower. C’est alors que Stagg alerte sur la forte probabilité d’une tempête qui pourrait compromettre l’opération. Face à l’envie de plus en plus pressante des Alliés d’en finir avec le Reich, le météorologue devra faire preuve de ténacité et de persuasion pour dissuader un quelconque débarquement le 5 juin, seul contre tous.
Stagg porte une responsabilité très lourde, celle de recommander ou non un débarquement en Normandie, souhaitée par le commandement allié pour le 5 juin. En effet, les généraux britanniques et américains estiment que c’est le bon moment pour prendre les Allemands par surprise d’autant qu’ils ne peuvent tenir cette opération secrète encore plus longtemps en raison des risques de fuite mais aussi de la préparation des soldats qui doit rester optimale. Il faut dire que tout le monde joue gros dans cette affaire, à commencer par le météorologue bien sûr mais également Eisenhower. Le général américain a encore en mémoire, la répétition en conditions réelles du débarquement deux mois plus tôt, répétition qui s’était soldée par la mort de soldats américains et qui avait souligné le manque de préparation optimale des troupes alliées.
Alors rien ne doit être laissé au hasard quitte à ce que la pression soit maximale sur Stagg. Il doit tout scruter, tout vérifier, surveiller la moindre brêche, anticiper tous les scenarii possibles pour au final recommander une seule décision. Une seule décision qui peut basculer le cours de la Seconde Guerre mondiale.
Une situation d’autant plus inconfortable dans Stagg fait face à deux obstacles, celui du commandement allié qui semble déterminé à débarquer le 5 juin, et celui d’Irving Krick, son homologue américain qui, très sûr de lui, ne trouve aucune objection à ce que l’opération se déroule ce jour-là.
Un véritable bras de fer s’engage et c’est ce qui caractérise assez bien le film qui met en exergue cette tension mais aussi cette pression difficile à supporter pour Stagg qui dans le même temps, doit affronter un drame personnel. Dans ces circonstances, ce dernier cherche à rester absolument lucide, tant l’enjeu est là.
Tiré de la pièce de théâtre éponyme mais basé sur des faits réels, Pressure illustre assez bien tout le poids qui était pesé sur les épaules d’un homme qui savait que sa décision finale aurait une influence non négligeable sur la suite des évènements. Un film efficace par sa durée et le suspens qu’il réussit à dégager.
Pressure
Un film de : Anthony Maras
Avec : Andrew Scott, Brendan Fraser, Kerry Condon, Damian Lewis, Chris Messina…
Pays : Australie
Genre : Thriller, Guerre, Historique
Durée : 1h40
Sortie : le 9 septembre
Note : 15/20




