Il y a des films qui ont marqué l’Histoire du cinéma. Il existe également des cinéastes, ces femmes et ces hommes qui, par leur audace, leur prise de risque, leur insolence parfois, ont eu une incidence majeure sur le septième art, faisant d’eux des icônes.
Jean-Luc Godard en fait bien évidemment partie. Un homme admiré par certains, détesté par d’autres mais qui a conquis sa place dans le Panthéon cinématographique, au point que tout réalisateur qui se respecte fait souvent référence à lui. Comme Richard Linklater qui, dans Nouvelle vague, rend hommage non seulement à un film mais aussi à une époque.
Nous sommes en 1959. Jean-Luc Godard, 29 ans, est journaliste dans les Cahiers du cinéma, le magazine de référence à l’époque. Avec ses amis – François Truffaut, Claude Chabrol ou encore Suzanne Schiffman – il rêve d’un cinéma différent, un peu plus audacieux. Le succès des Quatre Cents coups de son ami Truffaut lors du Festival de Cannes ouvre la voie à Godard pour réaliser son premier film. Il convainc alors le producteur Georges de Beauregard de financer son projet. A bout de souffle est donc lancé avec en tête d’affiche, un jeune premier, un certain Jean-Paul Belmondo, et une actrice américaine de tout juste 21 ans et à peine moins âgé que son partenaire, Jean Saberg. Un tournage qui ne sera pas de tout repos mais un film qui marquera une rupture dans l’histoire du cinéma.
Les coulisses d’A bout de souffle comme si on y était et dans les conditions de l’époque, notamment en noir et blanc. C’est l’effet qu’a voulu créer Richard Linklater qui, comme je l’ai dit, rend hommage à une époque. Celle où le cinéma était, pour certains, un art majeur pour lequel il y avait un certain glamour et dans lequel on avait des débats parfois passionnés entre cinéphiles et autres spécialistes du genre. Une époque où le producteur était particulièrement nerveux lorsqu’il finançait un film – car il y plaçait tout son argent c’est dire ! – et pour lequel, tout était une affaire d’économie et de plan b.
L’occasion pour le spectateur que nous sommes de découvrir ce fameux Jean-Luc Godard. Un réalisateur insaisissable, qui donne parfois le tournis, c’est un peu le portrait que cherche à dresser Richard Linklater. Il faut dire que Godard déroute pas mal de monde, lui qui parfois ne se contente de tourner que deux heures dans une journée, qui arrive sans scénario prédéfini ou qui se montre à la limite de la nonchalance parfois. Une attitude qui interroge et dont certains tel Belmondo le prennent avec philosophie, d’autres avec un certain agacement à l’instar de Jean Saberg. Toujours est-il que derrière ce manque apparent de rigueur, se cache en réalité un homme qui sait clairement où il va et ce qu’il veut, ce qui donne ce film d’envergure qu’est A bout de souffle.
La Nouvelle vague aura laissé, avec ses réalisateurs et scénaristes trentenaires, une trace durable dans l’Histoire du cinéma et on continue à y faire référence, notamment lors de la scène d’introduction de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024. Le film quasi éponyme de Richard Linklater nous transposte avec tendresse et nostalgie dans une époque assez magique où tout paraissait si simple (du moins en apparence). Un film qui nous présente aussi un Jean-Luc Godard tel que fidèle à sa réputation et qui, à ce moment précis, a construit sa légende.
Nouvelle vague
Un film de : Richard Linklater
Avec : Guillaume Marbeck, Zoey Deutch, Aubry Dullin, Bruno Dreyfürst, Benjamin Cléry, Matthieu Penchinat, Pauline Belle…
Pays : États-Unis
Genre : Comédie
Durée : 1h46
Sortie : le 8 octobre
Note : 16/20
[BONUS] On parle, on parle de la Nouvelle vague, je voulais en profiter pour vous poster la chanson du générique de fin que j’ai en tête depuis que j’ai vu le film. Oui c’était une époque sympa les années yé-yé !



