Ce film a été présenté, hors compétition, au Festival de Cannes qui s’est tenu du 12 au 23 mai.
Décrire De Gaulle et plus largement, un épisode crucial comme fondateur de notre Histoire collective reste un pari osé, nous l’avons largement évoqué.
Autant dire qu’après la démonstration de force du premier volet, restait à voir ce que le second opus de La Bataille de Gaulle nous réservait. Malgré un début plutôt poussif voire décevant selon certains spécialistes, le double-volet consacré à La France Libre avait beaucoup à jouer, nous y reviendrons.
Après avoir conclu sur l’assassinat de l’amiral Darlan en décembre 1942, le récit reprend pour se consacrer aux deux dernières années précédant la Libération de Paris, en août 1944. Durant ce laps de temps, le Général de Gaulle consolide son leadership et assoit son autorité en tant que chef de la France libre. Toutefois, son autorité n’est pas totale et il suscite toujours autant de méfiance chez les Alliés, à commencer par Franklin Delano Roosevelt, le président des Etats-Unis qui voit en Henri Guiraud, une alternative en l’homme de Colombey et qui manœuvre en ce sens en coulisses. Parallèlement, le préfet Jean Moulin s’emploie à unifier l’ensemble des réseaux de Résistance et à faire reconnaître l’autorité du Général à ces derniers. Une tâche délicate aux conséquences incertaines. En effet, du succès ou non de cette opération dépendra l’issue de la Guerre et plus particulièrement de la France.
Comment devient-on De Gaulle ? La question semble simple mais elle est faussement naïve et à celle-ci que répond Antonin Baudry de manière ambitieuse. Après avoir bataillé pour exister et faire en sorte que la France ne sorte pas totalement du jeu, le Général sait qu’il doit encore rester sur ses gardes, le véritable ennemi n’étant pas forcément celui auquel on pense. En effet, une autre bataille s’engage, plus sournoise pour ne pas dire vicieuse notamment face à Winston Churchill, le Premier ministre britannique, et (surtout) Franklin D. Roosevelt, qui voit en De Gaulle, un potentiel dictateur, un homme qu’il convient d’écarter.
C’est une course contre la montre qui s’enclenche alors, non pas (uniquement) pour le Général mais bien pour la France et la vision qu’il en a. La France ne pourra être la France que si elle est considérée et surtout respectée notamment dans son intégrité. Un principe non négociable pour lequel il ne cédera rien.
Ce qui suppose une France libre opérationnelle et surtout crédible. Une France libre qui continue à le livrer le combat face à l’occupant mais aussi au nom de certaines valeurs. Une France libre qui sait également que de son implication et de son détermination face à l’ennemi, dépendra l’issue de la Guerre.
Avec 2h37, J’écris ton nom s’inscrit logiquement dans la lignée du premier opus. Un film pour lequel, on reste happé, on vibre et qu’on vit tout simplement, réalisant même le tour de force de maintenir un certain suspense, malgré une issue connue de tous.
Un film qui raconte notre pays. Une certaine idée de notre pays.
La Bataille de Gaulle – J’écris ton nom
Un film de : Anthonin Baudry
Avec : Simon Abkarian, Thierry Lhermitte, Simon Russell Beale, Florian Lesieur, Anamaria Vartolomei, Karim Leklou, Loïc Corbery…
Pays : France
Genre : Thriller, Historique
Durée : 2h37
Sortie : le 3 juillet
Note : 17/20




