Ce film a été présenté, hors compétition, au Festival de Cannes, qui s’est tenu du 12 au 23 mai
Raconter Charles de Gaulle et dans le cas qui nous intéresse, la France durant la Seconde Guerre mondiale. Un exercice ambitieux pour ne pas dire périlleux qui n’en demeure pas moins toujours intéressant à faire mais surtout à découvrir.
C’est tout le pari d’Antonin Baudry qui s’inspire de De Gaulle : une certaine idée de la France, écrit par l’historien britannique Julian T. Jackson. Un pari tellement audacieux que La Bataille de Gaulle ne se décline pas en un mais en deux opus sortant à trente jours d’intervalle.
Tout commence en juin 1940. Charles de Gaulle, jeune colonel, assiste impuissant à la débâcle de l’armée française face à la Wehrmacht. Le gouvernement Reynaud démissionne et Philippe Pétain qui prend la relève, se résout à signer l’Armistice. Refusant le fait accompli, De Gaulle, tout juste promu général, refuse de déposer les armes. Il s’exile à Londres et lance un appel, dans le chaos ambiant et malgré le fait qu’il soit isolé.
Comme je l’indiquais précédemment, filmer De Gaulle, un des personnages les plus marquants de notre Histoire nationale (voire davantage) n’est pas quelque chose d’aisée. Cependant il y a quelque chose de très pertinent dans ce premier opus. Dans L’âge de fer, on découvre un Charles de Gaulle qui, loin encore de la légende qu’il sera, tente de relever un pays littéralement à terre. Au début, la question ne se pose même pas. Il est moqué, ignoré pour ne pas dire méprisé. Pire, il est considéré par le nouveau régime de Vichy comme un traitre et le gouvernement britannique de Winston Churchill se méfie de lui.
Une situation défavorable qui ne décourage pas le Général bien au contraire ! Charles de Gaulle porte une conviction profonde, celle de la France et de son rôle dans un conflit qui ne concerne pas le dessein de l’Europe mais bien du monde. Dans l’ordre mondial à venir, il devine la place qui sera réservée à notre pays. Il est persuadé que la France doit faire entendre sa voix mais surtout se faire respecter, ce qui se traduit par la création de la France libre. La France libre comme contrepoids à Vichy mais surtout comme continuité légitime de la République et de ses valeurs.
Une ambition qui, si elle peine à être évidente d’emblée, commence progressivement à infuser aussi bien à Londres lorsque la France libre se constitue mais également dans l’Hexagone avec les premiers résistants. Des jeunes femmes et hommes, 18 ans, encore mineurs (la majorité à l’époque était fixée à 21 ans), patriotes, qui ne peuvent imaginer une France sous le joug nazi. L’appel du Général résonne comme un encouragement à poursuivre le combat et faire perdurer une certaine idée de la liberté.
Avec 2h39 au compteur, on ne sent absolument pas de lourdeur ou de lenteur. Le long-métrage nous porte littéralement et arrive même à créer un certain suspense, ce qui est un exploit quand on connaît le dénouement. Suffisant en tout cas qu’on attende avec impatience, le second opus qui sortira le 3 juillet.
La Bataille de Gaulle – L’âge de fer
Un film de : Antonin Baudry
Avec : Simon Abkarian, Simon Russell Beale, Florian Lesieur, Matthieu Kassowitz, Kacey Mottet-Klein, Anamaria Vartolomei, Karim Leklou, Benoit Magimel, Noemie Schmidt, Loïc Corbery…
Pays : France
Genre : Thriller, Historique
Durée : 2h39
Sortie : le 3 juin
Note : 16/20



