Les films LGBT ont toujours été militants dans leur approche. Ce genre de long-métrages qui véhiculent un message assumé tout en se voulant décalé, voire carrément décalé. Jim Queen fait partie de cette catégorie.
Nous sommes à Paris. Jim Parfait est un influenceur fitness très en vogue dans le milieu gay. Séduisant, particulièrement bien monté, cet Apollon est admiré par nombre de personnes. C’est simple, le culte du corps, c’est un minimum. Une véritable icône qui voit pour autant son univers vaciller le jour où il apprend qu’il a contracté, l’hétérose. L’hétérose est un mystérieux virus qui, comme son nom l’indique, transforme les homosexuels en hétéros. Jim accuse le coup mais il reste un espoir : trouver le docteur Ragout, un mystérieux médecin qui aurait l’antidote nécessaire pour stopper la maladie. Avec pour seule condition, ramener au docteur Lucien, un fan invétéré de Jim Parfait. En effet, ce jeune homme est le seul qui détient la formule nécessaire à l’élaboration de l’antidote.
Les films d’animation ne sont pas uniquement réservés aux enfants, ce qui donne une fois qu’on a dit cela, des résultats assez osés mais très intéressants. Niveau réalisation Jim Queen se lâche carrément en présentant Jim Parfait comme un homme qui ne doute pas de sa beauté, de son statut d’icône dans la communauté gay mais qui est volontiers égoïste et assez imbue de lui-même. Sa vie, ce sont ses centaines de milliers de followers sur les réseaux sociaux, la salle de gym et surtout ses pectoraux. Sans eux, il n’est tout simplement rien !
Un sacré contraste avec Lucien, la vingtaine au physique de gringalet. Admirateur secret de Jim Parfait, il lui voue un véritable culte, quitte à être un peu naïf. Derrière cette adoration, c’est un homme qui peine à vivre concrètement sa différence (comprendre son homosexualité), la faute notamment à une maman plus qu’envahissante et surtout ultraconservatrice, vouant une haine à tout ce qu’elle considère comme woke.
Alors lorsque, par la force des choses, Jim et Lucien font équipe pour sauver les homosexuels du précipice, on se demande comment cette association peut fonctionner. Étonnement, Jim et Lucien sont plus que complémentaires et chacun derrière leur carapace, ont dû affronter le regard des autres, mais aussi assumer clairement différence, même si l’un et l’autre ont adopté une approche différente. Toujours est-il que cette aventure constituera un tournant pour nos deux protagonistes.
Utilisant à fond les références et les codes LGBT, Jim Queen se veut tordant mais aussi bienveillant et surtout militant comme je l’indiquais précédemment. Face à un regain de l’homophobie, le long-métrage utilise la carte de l’absurde pour affirmer ses propres valeurs mais surtout nous rappeler une chose : on peut aimer et être aimé en étant soi-même.
Jim Queen
Un film de : Marco Nguyen et Nicolas Athane
Avec les voix de : Alex Ramirès, Jérémy Gillet, Shirley Souagnon, François Sagat, Harald Marlot, Elisabeth Wiener, Philippe Katerine, La Briochée…
Pays : France
Genre : Comédie, Animation
Durée : 1h25
Sortie : le 17 juin
Note : 15/20



