On l’oublie souvent mais quand on est jeune et qu’on vit dans une zone rurale, les perspectives d’avenir ne sont pas si évidentes. Alors c’est plutôt le système D qui prend place pour un résultat plus qu’aléatoire.
Nous sommes en Bretagne, plus exactement dans les Côtes d’Armor. Dans un village reculé, Grégoire et Corentin, deux cousins, viennent de perdre leur grand-mère. Cette triste nouvelle intervient dans un contexte assez spécial. Le restaurant familial dans lequel ils travaillent est en grande difficulté financière. Il est constamment vide et pourrait tout simplement fermer. Si Grégoire espère encore sauver le commerce de son père, Corentin a une idée en tête : se lancer dans la dératisation en lançant sa propre entreprise. Pour se faire connaître, rien de mieux que d’introduire soi-même des rats à l’intérieur des propriétés pour mieux être sollicité par la suite ! Dans le même temps, Maeva, maitre nageuse à la piscine communale se rêve en influenceuse grâce à la vente de bijoux fantaisie qu’elle revend jusqu’à dix fois leur prix d’origine. Encore faut-il qu’elle trouve une clientèle et mieux une égérie. Qu’à cela ne tienne, elle demande à Louise, conseillère funéraire, de participer au concours de miss Côtes d’Armor, histoire de se faire de la pub. Peu importe si on contourne le règlement.
Être jeune en milieu rural. On pourrait se dire que c’est un peu la loose à première vue tant les marges de manœuvre semblent plus qu’étroites. Grégoire et Corentin en sont l’exemple vivant, eux qui n’ont connu que leur terre d’origine et qui ne semblent pas trop regarder au-delà de celle-ci. Certes, il y a Grégoire qui a une opportunité de boulot dans un resto à Angers, mais on ne peut pas dire qu’il soit particulièrement enthousiaste.
En parallèle, Maëva compte bien se faire un nom via les réseaux sociaux en vendant ses bijoux fantaisie, une façon pour elle aussi de s’ouvrir une perspective d’avenir. On comprend aisément qu’être maitre-nageuse ce n’est pas tellement un plan d’avenir, pas plus pour Louise en tant que conseillère funéraire, à une différence près : si la première n’hésite pas à jouer des coudes, la seconde est plus en retrait, comme si elle avait peur d’oser, d’être ce qu’elle est concrètement.
Toujours est-il que nous avons affaire à quatre jeunes qui improvisent, s’adaptent pour un résultat assez disparate selon les situations. Quatre jeunes qui ne savent pas toujours quelle direction prendre mais qui d’une certaine manière, finissent par renoncer à une forme de surplace.
Premier film de Clément Devilliers et Armand Foëx, Un grand raccourci se veut drôle mais également et surtout mélancolique. Un film notamment porté par Sara Montpetit, l’actrice canadienne que j’ai découvert dans Falcon Lake, le premier long de Charlotte Le Bon, et qui incarne avec douceur cette Louise qui peine à trouver sa place mais qui ne demande au fond qu’à la prendre.
Un grand raccourci
Un film de : Clément Devilliers et Armand Foëx
Avec : Sara Montpetit, Louise Labeque, François Le Bris, Jules Porier, Anja Verderosa, Sabrina Seyvecou…
Pays : France
Genre : Comédie Dramatique
Durée : 1h23
Sortie : le 12 août
Note : 14/20



