[CANNES 2026] Notre salut : Henri Marre, un fonctionnaire sous Vichy 

Après Cannes, c’est encore Cannes ! 

Alors que le tapis rouge a été rangé et que le rideau s’est refermé sur la Croisette, UGC propose, du 23 au 26 mai puis du 27 mai au 2 juin une sélection de films qui ont été présentés lors de la 79ème édition du Festival de Cannes. Une large palette de films à découvrir dans les prochaines semaines et notamment la Palme d’Or. Une façon de prolonger la magie ! 

On commence avec Notre salut qui a reçu la Palme du meilleur scénario et qui sortira le 30 septembre prochain.

Raconter son histoire familiale – du moins s’en inspirer – n’est jamais facile, c’est même un exercice compliqué. En effet, comment exposer des faits de manière objective et détachée tout en demeurant loyal aux siens ? C’est pourtant cette démarche qu’a entrepris Emmanuel Marre qui, pour son second film, mêle histoire personnelle et grande Histoire. Celle de son arrière-grand-père, Henri Marre,  fonctionnaire sous Vichy, donnant lieu à un long-métrage assez singulier. 

Nous sommes en septembre 1940, quelques semaines après la défaite de la France face à l’Allemagne nazie. Henri Marre, 49 ans, débarque à Vichy, la capitale de la zone « libre ». Sans le sou, sans contact et loin de sa femme et de ses trois enfants, il tente de se faire une place dans cette administration nouvelle qui a fait allégeance à Pétain. Maréchaliste convaincu, il a, d’ailleurs, écrit un essai politique Notre Salut dans lequel il fait part de ses idées pour redresser la France ainsi que de son patriotisme. Pour lui, il faut être efficace, du moment que l’on peut rendre sa grandeur à un pays en débâcle. Henri arrive progressivement à se faire une place, celle qu’il pense mériter. Cependant, en parlant de salut, n’est-il pas à la recherche du sien ?

Comme indiqué précédemment, Notre salut raconte une trajectoire, celle d’Henri Marre, un homme au final plus complexe qu’il n’y paraît. Lorsqu’il arrive à Vichy, c’est une personne remplie de convictions qui estime qu’il peut apporter quelque chose au nouveau régime. Froid, limite psychorigide, Henri ne jure que par le raisonnement et l’efficacité. Il n’y a pratiquement pas d’affect chez lui, il est juste là pour exécuter les ordres. 

Un trait d’esprit qui transpire clairement dans son travail mais aussi sa vie privée. Henri Marre est comme détaché de sa famille et en particulier de sa femme, ce qui se ressent dans leur relation. L’homme est abonné aux échecs professionnels et Vichy, c’est aussi une façon de trouver une reconnaissance que son épouse ne lui accorde à peine. 

Pour l’obtenir, Henri Marre se montre particulièrement zélé dans son travail. Il applique les choses de façon mécanique et ne cherche pas trop à comprendre. Il est fonctionnaire, un point c’est tout. Ce qui compte pour lui, c’est le redressement du pays et celui-ci doit être effectué de manière froide et implacable. Une approche qui le place dans une zone grise (pas résistant c’est évident mais pas vraiment un collabo) et qui le rend encore plus dangereux d’une certaine manière, moins par quelconque opportunisme mais plus en raison de sa passivité et de sa rigidité. 

Avec 2h38 au compteur, Notre Salut aurait pu être raboté d’une vingtaine de minutes, à mon sens. Cependant, cette durée s’explique par la nécessité d’explorer en long et en large le parcours bien plus complexe qu’il n’y paraît d’un homme à la pensée idéologique, au final, pas si évidente. Un homme qui, par sa passivité et une certaine froideur, a été d’une certaine manière complice de cette France de Vichy. 

Notre salut

Un film de : Emmanuel Marre

Avec : Swann Arlaud, Sandrine Blancke, Mathieu Perotto, Jean-Baptiste Marre, Harpo Guilt…

Pays : France

Genre : Comédie, Historique

Durée : 2h38

Sortie : le 30 septembre

Note : 14/20

Bande annonce à venir

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