Michael : face A… face B ?

Réaliser un biopic est quelque chose qui reste très ambitieux. Comme je le dis souvent, il faut éviter de tomber dans deux écueils : celui du règlement de comptes gratuit et celui de l’hommage sans aucune retenue, comme si on vénérait un quasi-Dieu.

Autant dire que faire un film sur Michael Jackson, aka The King of the Pop, aka (pour moi), le plus grand artiste de tous les temps était un pari risqué tout autant qu’inconscient. En tout cas, il fallait en avoir du courage pour s’attaquer à un tel monument faisant de ce long-métrage l’un des projets les plus attendus en cette année 2026.

Avec Michael, nous revenons plus spécifiquement à la première période de sa vie allant de 1968, lorsqu’il débute sa longue carrière avec ses frères au sein des Jacksons 5 à la tournée Bad de 1988 qui débute à Londres et qui le met au sommet. Durant cette période, Michael tente de trouver sa voie mais aussi sa place notamment face à un père exigeant pour ne pas dire tyrannique avec ses enfants. Entre le succès grandissant, la loyauté familiale et une certaine envie de s’émanciper, Michael Jackson devra faire des choix, au risque d’en froisser plus d’un. C’est cependant le prix pour retrouver une certaine liberté mais également d’atteindre son art à son maximum.

Comme je vous l’indiquais précédemment, réaliser un biopic sur Michael Jackson, star autant adulée que controversée, est tout sauf une sinécure et dans ce contexte, il n’est pas rare que la justice s’en mêle. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé puisque le film devant initialement s’arrêter en 1993, ne traitera pas des démêléss de l’artiste qui fut accusé d’attouchements sexuels sur mineur et de pédophilie, amputant le long-métrage d »un bon tiers et laissant place à une fin un plus « convenue », au grand plaisir des fans au passage !

Une controverse qui permet néanmoins au film de se concentrer sur l’ascension de Michael, le benjamin de la famille, un enfant timide, réservé qui vit dans l’ombre de ses frères mais surtout sous la tyrannie de son propre père qu’il appelle par son prénom et qui en retour se fait appeler « Big nose » (Gros nez), un sobriquet qui ne cessera de le suivre. 

En dépit de cet environnement toxique, Michael commence à éclore et surtout à sortir du lot. Il est créatif, il a de l’intuition et il veut démontrer qu’il peut et sera une star non seulement internationale mais carrément planétaire. Ce qui suppose des prises de risque mais aussi une détermination à tout épreuve de sa part. Ce qui suppose aussi de faire son complexe d’Œdipe, à savoir tuer le père. 

Avec 2h07 au compteur, ce que je trouve finalement assez court pour un biopic, Michael, pour toutes les raisons que j’ai évoqué, nous laisse un peu sur notre faim sans oublier la ressemblance frappante et troublante de Jaafar Jackson avec son oncle. Une faim qui est largement compensée par une bande son géniale tout comme les prises de vue. Une faim et une fin qui feront froncer les sourcils des journalistes ciné mais il est dit qu’une suite est à l’étude, ce qui en soi ne serait que pure logique. Car après tout, si le Roi de la pop a une face A, on ne peut faire abstraction de sa face B.

Michael 

Un film de : Antoine Fuqua

Avec : Jaafar Jackson, Colman Domingo, Nia Long, Miles Tiller, Jamal R. Henderson, Tre Horton, Rhyan Hill, Larenz Tate, Jessica Sula…

Pays : États-Unis

Genre : Musical, Biopic, Drame

Durée : 2h07

Sortie : le 22 avril

Note : 14/20

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