La femme de : une autre vie est-elle (encore) possible ?

C’est quoi une vie parfaite ? Vivre confortablement ? Avoir des enfants ? Être dans un milieu bourgeois au sein d’une famille aisée et qui ne manque de rien ?

Si je pose directement la question, c’est que la réponse n’est pas si évidente qu’il y paraît, rendant nos interrogations encore plus profondes. Au point de se demander si on est vraiment dans le milieu qui nous correspond. 

Nous sommes en province. Marianne a 40 ans. Mariée à un riche industriel, mère de deux enfants, elle devrait être une femme heureuse. Cette vie confortable, si elle est concrète, la pèse cependant. Pire, elle l’a progressivement enfermé dans un carcan dans lequel les faux-semblants et autres conventions prennent le pas. Lorsque Marianne revoit une figure de son passé, une porte s’entre-ouvre. Une autre vie serait possible et à portée de main. Le prix à payer aussi. 

Comme indiqué précédemment, Marianne a tout pour être une femme comblée. Mariée, deux enfants, elle semble pour autant en décalage avec le reste de sa belle-famille. Entre son mari qui est bien plus occupé à gérer la succession de sa mère (pour mieux défendre ses intérêts), les frères et sœurs de ce dernier qui règlent leurs comptes et un patriarche sur le déclin mais dont on est bien content que ça soit la belle-sœur qui s’en occupe, Marianne est enfermée, emmurée dans cette cage dorée. Elle est « la femme de », et non Marianne. 

Aussi, lorsqu’elle tombe sur ce photographe qu’elle avait rencontré vingt ans plus tôt, Marianne perd ses repères. Johann, c’est sa porte de sortie, c’est celui qui pourrait lui faire sortir de son carcan qui ne cesse de l’étouffer. En effet, dans cette famille, elle n’est que peu considérée à commencer par son propre époux qui voit en elle, la maitresse de maison, la mère de ses enfants, voire la bonniche qui a bien voulu s’occuper de son père, quand le reste de la famille semble avoir d’autres chats à fouetter. 

Marianne sait pour autant qu’il y a un prix à payer. Est-elle prête à franchir le Rubicon ? Face à ce dilemme, la quarantenaire sait qu’elle devra faire des choix mais aussi se montrer lucide. Après tout, le salut n’est-il pas à l’intérieur de soi-même ?

Malgré des longueurs, La femme de raconte l’histoire d’une femme, d’une mère et d’une épouse qui cherche à s’émanciper, c’est une question de survie avant qu’elle ne soit balayée. Porté par Mélanie Thierry, le long-métrage se distingue particulièrement

La femme de

Un film de : David Roux

Avec : Mélanie Thierry, Eric Caravaca, Arnaud Valois, Jérémie Renier, Jérôme Deschamps…

Pays : France

Genre : Drame

Durée : 1h33

Sortie : le 8 avril

Note : 14/20

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