1985. Une année mythique non pas car c’est mon année de naissance mais tout simplement car c’est une date qui a marqué bon nombre de personnes. Comme un tournant au sein de la société française avec son lot de combats et de débats sans oublier de changements majeurs et autres révolutions.
Pour s’en convaincre, rendons-nous dans les Yvelines, entre Chaville et Versailles. Vincent, 13 ans, est issue de la classe moyenne. Son père est un ancien cadre de Moulinex, actuellement sans emploi, et sa mère est secrétaire. Il a également un frère de 17 ans avec qui les relations sont plus ou moins distantes. Ses parents aussi ont une relation plus ou moins compliquée. C’est dans ce contexte que celui qui s’apprête à célébrer sa Bar-Mitsvah – autrement dit son passage selon la tradition juive de l’enfance à l’âge adulte – s’interroge sur des thèmes comme l’identité, l’amitié, la famille mais aussi l’amour, au moment où il fait la connaissance d’Anne-Carine, une camarade de classe.
1985. Une année importante pour Vincent qui, comme indiqué précédemment, s’apprête à devenir un homme. Cependant comment en devenir un quand vous vous posez continuellement des questions ? Quand vous voyez votre père qui est sans emploi et qui n’ose pas dire clairement qu’il est au chômage, pour rassurer ses fils bien sûr mais aussi par fierté ?
C’est dans ce contexte que Vincent connaît ses premiers émois amoureux lorsqu’il doit faire avec Anne-Carine, un exposé d’Histoire. Anne-Carine, c’est tout le contraire de lui. Elle est issu d’un milieu bourgeois, plutôt catho et dont le père est un « facho » selon ses propres dires. D’ailleurs, c’est en réaction par rapport à lui qu’elle milite à SOS Racisme qui avait vraiment le vent en poupes à cette époque.
Une époque qui est décrite telle une Madeleine de Proust avec sa bande-son allant d’Imagination à Téléphone en passant par The Cure. Une époque où les choses semblaient plus simples, plus fluides malgré le chômage qui devenait une réalité de plus en plus tangible (notamment pour les cadres), où l’ascenseur social semblait encore fonctionner (et qui est clairement caractérisé à travers le personnage de Suzanne), où la mixité dans toutes ses formes était une réalité encore tangible.
Une époque que le tandem Toledano/Nakache décrit avec tendresse et bienveillance sans forcément être dans la nostalgie facile et gratuite, ce qui rend le film agréable à voir et surtout très drôle avec une question qui me cesse de me venir en tête (et sans trop vous spoiler) : qu’est devenue cette fameuse cassette olé-olé ? 😉
Pour le savoir, allez voir le film ! 😉
Juste une illusion
Un film de : Eric Toledano et Olivier Nakache
Avec : Louis Garrel, Camille Cottin, Pierre Lottin, Simon Boublil, Alexis Rosenstiehl, Jeanne Lamartine…
Pays : France
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h59
Sortie : le 18 mars
Note : 16/20



