[CANNES 2026] Fatherland : rendez-vous en terre allemande

Après Cannes, c’est encore Cannes ! 

Alors que le tapis rouge a été rangé et que le rideau s’est refermé sur la Croisette, UGC propose, du 23 au 26 mai puis du 27 mai au 2 juin une sélection de films qui ont été présentés lors de la 79ème édition du Festival de Cannes. Une large palette de films à découvrir dans les prochaines semaines et notamment la Palme d’Or. Une façon de prolonger la magie ! 

Crtitque de Fatherland du Polonais Pawel Pawlikowski, présenté en compétition et qui a reçu le prix (ex-aequo) de la mise en scène. Sortie : en septembre prochain

Il existe des long-métrages assez curieux surtout lorsqu’ils sont tournés en noir et blanc. Ce genre de films dont on imagine très facilement qu’il s’adresse à un public ciblé, le genre de films qu’on pourrait considérer comme soporifique mais qui en réalité, arrivent, de manière un peu inattendue à sortir leur épingle du jeu. Fatherland en fait partie. 

1949. Thomas Mann, philosophe et lauréat du prix Nobel de littérature, revient en Allemagne, son pays natal, en compagnie de sa fille. Il avait fui le régime nazi dès sa mise en place en 1933, se réfugiant en France puis aux Etats-Unis, ce qui lui a valu une déchéance de sa nationalité. De retour, il fait face à un pays ravagé par la Seconde Guerre mondiale mais également divisé entre occupation alliée et occupation soviétique. Au volant d’une Buck noire, Thomas et sa fille traversent une Allemagne qui est sur le point de basculer et qui est devenue une terre inconnue pour le philosophe. 

Lorsque Thomas Mann revient en Allemagne, treize ans après l’avoir quitté, c’est un véritable choc. Si l’intellectuel demeure une référence et que sa venue est plus qu’apprécié, il est comme absent. Il est physiquement bien en Allemagne mais il peine à se retrouver dans celle-ci, comme si elle repartait à zéro. 

Une impression qui s’affine au fur et à mesure que Thomas Mann et sa fille parcourt le pays pour se rendre à Weimar, montrant bien au passage cette division entre l’Ouest et l’Est, prélude de la Guerre froide, caractérisée par la naissance en mai de la République fédérale d’Allemagne puis en octobre, de la République démocratique allemande. Si, à l’Ouest en effet, les Alliés français, britanniques et américains se sont accommodés d’anciens partisans du Furher qui se refont une virginité, à l’Est, c’est bel et bien une nouvelle Allemagne que l’occupant soviétique veut faire émerger, comme on le fait comprendre à Thomas Mann lorsqu’il doit prononcer un discours en l’honneur de Goethe.

Dans cette Allemagne qui se recompose, l’occasion est peut-être toute trouvée pour à la fois réconcilier Thomas et Erika, sa fille, à leur pays mais aussi réconcilier Thomas et Erika entre eux. Une mission qui s’avère en réalité du sacerdoce dans la mesure où, à l’occasion de leur séjour, des blessures intimes se réveillent. Des blessures, des non-dits que l’exil avait mis en hibernation durant un temps mais qui par une circonstance tragique se réveillent. 

Avec 1h22 au compteur et malgré un rythme un peu lent, Fatherland se distingue par ses prises de vue et la façon dont les protagonistes sont mis en avant par Pawel Pawilkowski, comme si nous aussi nous rentions en terre inconnue, dans un pays déchiré entre deux systèmes et qui s’apprête à de nouveau à perdre sa singularité. Un film qui ne convaincra pas tout le monde mais qui devrait lui permettre de trouver un public dédié. 

Fatherland

Un film de : Pawel Pawilkowski

Avec : Hans Zischler, Sandra Hüller, August Diehl, Anna Madeley, Devid Striesow, Joanna Kulig…

Pays : Pologne

Genre : Drame

Durée : 1h22

Sortie : septembre

Note : 14/20

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