Comme chaque année, le mois de mai se décline avec ses fameux ponts mais aussi le traditionnel Festival de Cannes, 79ème du nom.
Une édition qui a débuté avec sa traditionnelle cérémonie d’ouverture présidée par Eye Haidara, en tant que maitresse de cérémonie. Un choix surprenant à première vue mais au final assez séduisant et même convaincant dans la mesure où l’actrice française a plutôt fait le choix de la simplicité, le chichi en moins.
Simplicité, c’est le mot que l’on pourrait retenir pour cette cérémonie qui s’est distinguée par une absence quasi-totale à toute référence ou allusion politique cette année. En effet, pas un mot sur la guerre au Moyen-Orient, ou encore la montée des radicalismes un peu partout sur la planète, non, cette année, le Festival semble revenir à ses fondamentaux en parlant de cinéma et uniquement de cinéma.
Ce qui ne veut pas pour autant dire que la politique soit absente voire bannie de la Croisette, bien au contraire. Si, le septième art reste un outil d’expression pour décrire un monde qui nous fascine autant qu’il nous effare et nous effraie, c’est aussi un lieu qui nous rassemble, encore et toujours, et tout particulièrement Cannes. Un lieu où un film coréen peut subjuguer une spectatrice brésilienne, comme l’a si justement rappelé Eye Haidara.

Eye Haidara qui a rendu hommage à Nathalie Baye, cette grande dame du cinéma français qui a récemment tiré sa révérence. Si cet hommage était logique en soi, ça fait toujours plaisir à voir que Cannes et le monde du cinéma tirent leur chapeau à cette femme gracieuse et très agréable qui, décidément, nous manque encore terriblement.
Toujours au rayon hommage, celui rendu à Peter Jackson qui a reçu une Palme d’Or d’honneur pour l’ensemble de ses œuvres. Un homme que je connais principalement (et essentiellement) pour la trilogie du Seigneur des anneaux et je me suis rendu compte d’un coup que j’avais toute une culture cinématographique à refaire quand fut diffusée sa filmographie. L’occasion pour moi de découvrir qu’il avait réalisé un documentaire intimiste sur les Beatles, dans lequel il revient sur leur séparation au moment où ils enregistrent Let it be.
Une édition 2026 assez simple, basique même mais au bout du compte efficace et tout aussi agréable à voir et qui donne envie de suivre la Quinzaine tout comme son jury présidé par le coréen Park Chan-Wook (qui a notamment réalisé Monster et tout récemment Aucun autre choix, remake du Couperet de Costa-Garvas, sans oublier Mademoiselle que j’ai récemment vu lors d’un ciné-club (nous y reviendrons ultérieurement)). Un jury qui comprend également la présence d’Issach de Bankolé, de Demi Moore mais également l’absence de tout membre français, ce qui est rare voire exceptionnel pour être souligné.
Un retour aux fondamentaux qui réjouira certains, navreront d’autres mais qui n’est pas forcément choquant à mon sens. En tout cas, une quinzaine qui sera sympa à suivre même depuis Paris où je pourrais même suivre en même temps que les festivaliers certains films présentés sur la Croisette et sortis en salle, signe supplémentaire et continu d’un Festival qui veut s’ouvrir et non réservé à quelques happy few. Cela ne remplacera jamais le fait de le vivre en direct mais je ne désespère pas me retrouver, à l’avenir, sur la Côte d’Azur, et pourquoi pas monter les marches ! 😉

