« Nous nous sommes tant aimés ! » Une phrase qui se comprend tel un bilan. Le bilan de plusieurs années (voire décennies) de vie commune, avec son lot de souvenirs plus ou moins impérissables, ces souvenirs qui laissent une trace indélébile et qui font qu’on reste lié à la personne qu’on a aimé intellectuellement, sentimentalement et physiquement, même séparés.
C’est exactement ce que vivent Fred et Marguerite. Fred et Marguerite vivent à Rouen. Anciennement en couple, ils se sont même mariés et cette union est née leur fille, Léa. Divorcés, chacun a refait sa vie. Marguerite vit désormais avec Sofiane avec qui, elle a une autre fille, Raphaëlle. De son côté, Fred a rencontré Chloé, avec qui il va se marier. Reste un détail à régler : étant précédemment marié religieusement à Marguerite, il doit au préalable annuler sa précédente union pour valider son futur mariage, ce qui suppose l’accord de son ex-épouse. Si Marguerite accepte, la procédure s’avère plus compliquée que prévue. Au point qu’ils soient contraint de se rendre au Vatican pour obtenir l’annulation de leurs vœux. Direction donc la Curie romaine en compagnie de leurs conjoints respectifs mais également leurs enfants. Un voyage que cette famille recomposée n’oubliera pas de sitôt.
« On s’est aimé comme on se quitte », comme le chantait Joe Dassin. Il n’empêche que les liens subsistent qu’on le veuille ou non surtout si de l’union, un petit être est né. Fred et Marguerite sont bien placés pour le savoir, eux qui se sont connus sur les bancs du lycée. Aussi, lorsque la seconde apprend que le père de sa grande fille refait sa vie, ce n’est pas de la jalousie qu’elle ressent mais une forme de bienveillance. Celle qu’on ressent pour quelqu’un qu’on a profondément aimé et qu’on continue d’aimer mais différemment.
Une situation qui n’est cependant pas aussi simple qu’on pourrait le penser, surtout quand les souvenirs s’en mêlent et reviennent frapper à votre porte. Instruire une procédure en annulation à l’Église, c’est immanquablement se plonger dans le passé de cette précédente vie à deux et se demander pourquoi les choses n’ont pas duré. C’est aussi se demander quelle place concrète occupe celui qu’on le veuille ou non, aura toujours une place de choix dans notre cœur, même si c’est une autre forme d’amour qui prévaut.
Ce point est d’autant plus important qu’il ne faudrait pas oublier les conjoints respectifs de Fred et Marguerite dans l’affaire. Si pour Chloé, elle n’y trouve pas grand-chose à redire, pour Sofiane, c’est en revanche un peu plus compliqué, non pas qu’il soit jaloux mais que tout simplement il n’arrive pas trop à trouver sa place dans cette situation. Pourtant, qu’il le veuille ou non, il sait que Fred fera toujours partie de la vie de sa femme, ne serait-ce qu’en raison de l’existence de Léa.
Comédie drôle et tendre, C’est quoi l’amour nous dresse un portrait assez bienveillant de la famille recomposée, cette famille d’aujourd’hui faite d’histoires anciennes et actuelles mais dont les membres sont liés par un bien commun : l’amour (sous toutes ses formes) qu’ils portent les uns aux autres
C’est quoi l’amour ?
Un film de : Fabien Gorgeart
Avec : Laure Calamy, Vincent Macaigne, Mélanie Thierry, Lyes Salem, Céleste Brunnquell, Saül Benchetrit, Grégoire Leprince-Ringuet, Jean-Marc Barr, Aurélia Petit…
Pays : France
Genre : Comédie
Durée : 1h48
Sortie : le 6 mai
Note : 14/20




