Je le dis souvent, faire une suite n’a que d’utilité que si on a quelque chose de pertinent à raconter, autrement ce n’est même pas la peine. Ce qui suppose de prendre son temps pour trouver le bon angle, la bonne approche afin que le projet que l’on propose tienne la route du début à la fin.
Il semble que sur ce plan, les scénaristes du Diable s’habille en Prada aient pris leur temps pour construire une histoire solide et très d’actualité, nous y reviendrons. En attendant, le synopsis. Nous sommes toujours à New York. Andy Sachs, l’ancienne assistante de Miranda Priestly, la directrice de la publication de Runway, est devenue journaliste. Une journaliste reconnue et respectée dans son milieu… qui se fait licencier le soir-même où elle reçoit un prestigieux prix. Sur la touche, elle recherche donc un boulot. C’est alors que Irv Ravitz, le propriétaire de Runway, la contacte. Il lui propose d’intégrer le magazine en occupant un poste-clé. Il faut dire que la situation est assez spéciale. Le titre est en crise suite à un article particulièrement à charge. Dans le même temps, Miranda, qui est sujette à des troubles de la mémoire, voit son autorité remise en question notamment par Emily Charlton, son ancienne bras droit, devenue représentante de Dior. Entre rivalités, intérêts et alliances, le rapport de forces change.
Comme je le disais précédemment, faire une suite n’a que d’intérêt que si on a quelque chose à raconter, de nouvelles choses à raconter de préférence. C’est sans doute ce point qui a finalement poussé Meryl Streep et Anne Hathaway à reprendre leurs rôles dans cette suite qui se veut très actuelle tout en faisant miroir avec le premier opus. Si Andy a pris du galon et de l’assurance en devenant une journaliste confirmée, elle demeure toujours dans le doute notamment sur sa vie personnelle. Revenir à Runway n’était pas nécessairement dans ses plans mais curieusement, elle le voit comme un défi à relever notamment face à Miranda.
Miranda justement. Si dans le premier volet, on aimait détester ce personnage, le second opus réussit le tour de force de rendre cette femme un peu plus complexe, voire humaine. Ce n’est plus la Miranda tyrannique et pétroleuse comme on l’a vu, du moins on sent que ses fondations vacillent, comme si elle était devenue has-been, dépassée par les évènements.
Et pour cause ! Dans un monde de plus en plus numérique où la tendance se joue sur les réseaux sociaux à coup de stories et d’influenceurs, Runway semble appartenir au passé et avec elle, sa directrice de la publication. Dans ce cadre, l’enjeu est de réenchanter le magazine tout en conservant son ADN et ce qu’il fait son identité face à celles et ceux qui veulent le vider de sa substance. Dès lors, Miranda et Andy voient leurs intérêts converger et se rapprochent plus qu’on ne l’aurait pensé.
Suite très actuelle et très fidèle à l’esprit du premier opus, Le Diable s’habille en Prada 2 respecte largement le cahier des charges et nous fait passer un bon moment. C’est tout ce qu’on demande après tout non ? 😉
Le Diable s’habille en Prada 2 (The Devil wears Prada 2)
Un film de : David Frankel
Avec : Meryl Streep, Anne Hathaway, Emily Blunt, Stanley Tucci, Justin Theroux, Kenneth Branagh, Tracie Thoms, Lucy Liu…
Pays : États-Unis
Genre : Comédie, Drame
Durée : 1h59
Sortie : le 29 avril
Note : 15/20




