Les suites d’un film, c’est toujours à double-tranchant. Pour certains, la question ne se pose pas à partir du moment où il y a de l’inspiration et qu’on a quelque chose à raconter qu’on n’a pas pu exploiter dans le précédent opus. Pour d’autres, la meilleure suite c’est… celle qu’on ne fait pas justement, surtout si on n’a rien à dire.
Sans doute que le duo Clavier/Bourdon aurait du suite suivre le second conseil, lorsqu’ils ont décidé de donner une suite à Cocorico mais tout d’abord le synopsis. Après avoir découvert leurs (surprenantes) origines, les Martin et les Bouvier-Sauvage mettent leurs préjugés de côté pour organiser le mariage de leurs enfants respectifs. Tout semble aller pour le mieux lorsqu’une nouvelle aussi inattendue qu’improbable survient. Un lointain cousin de Frédéric Bouvier-Sauvage a été retrouvé et il vient tout droit de Turquie, révélant au passage que les tests étaient erronés, du moins incomplet. Une nouvelle qui amuse Gérard. Sans se douter qu’il est loin d’être au bout de ses surprises.
Je ne vais pas vous mentir, j’avais une impression en allant voir cette suite, me disant qu’on allait voir droit à du réchauffé, aux mêmes blagues et autres mimiques. J’ai le regret de vous dire que… j’avais entièrement raison !
C’est d’autant plus le cas que cette suite ne distingue pas vraiment par son synopsis particulièrement prévisible et surtout paresseux. Non content d’avoir des origines cherokees, Frédéric Bouvier-Sauvage, ce nom qui sent si bon l’aristocratie bordelaise (et surtout tellement caricaturale, mais bon on veut compter sur Christian Clavier pour cela !) découvre qu’il a des racines turques et le cousin (joué par ce même Christian Clavier) qui va avec ! Inutile de vous décrire le malaise, comme si les scénaristes n’avaient mieux trouvé à faire que de rendre le membre du Splendid encore plus ridicule qu’il ne l’est habituellement.
Cela est d’autant navrant que ce second opus ne rate pratiquement aucune chausse-trappe, rendant les blagues et les répliques navrantes, mais vraiment navrantes. On pourrait se dire Didier Bourdon tire son épingle du jeu pour mieux sauver l’honneur d’un film qui n’a justement plus d’honneur mais lui aussi semble tomber dans la caricature de son personnage voire de lui-même, faisant de lui quelqu’un de particulièrement impuissant face à ce qu’il convient d’appeler un naufrage
Un naufrage qui aurait pu être largement évité si on s’était contenté de rester au premier opus qui se suffisait à lui-même. Un naufrage qui rappelle que le cinéma français peut encore faire des purges mais qu’elles trouveront leur public, un public qui n’est pas exigeant et surtout pas regardant sur ce qu’on lui propose. Non pas que je sois mauvais public (il y a à boire et à manger comme me l’avait récemment dit quelqu’un (coucou toi !^^)) mais il y a des limites quand même à la décence non ?
Cocorico 2
Un film de : Julien Hervé
Avec : Christian Clavier, Didier Bourdon, Sylvie Testud, Marianne Denicourt, Chloé Coulloud, Julien Pestel, Fred Testot…
Pays : France
Genre : Comédie
Durée : 1h31
Sortie : le 8 avril
Note : 5/20



