Baise-en-Ville : un outil indispensable pour bosser… et pour pécho ?

Quand on habite dans une banlieue résidentielle, qu’on a 25 ans et qu’on ne sait pas trop quoi faire de son quotidien, les marges de manœuvre deviennent de plus en plus réduites. Elles le sont encore plus lorsque vous n’avez pas le permis, sésame pourtant indispensable pour trouver un boulot et donc sortir de votre marasme. 

C’est précisément que ce vit Corentin. Nous sommes à Chelles, dans le 77, en grande banlieue parisienne. Celui qu’on surnomme Sprite (oui, oui comme la boisson) est un véritable galérien. Revenu dans le domicile parental suite à une rupture amoureuse, il passe ses journées à ne rien faire, ce qui exaspère sa mère qui menace de le mettre à la porte. Pour conjurer le sort, il est prêt à passer le permis afin de trouver un boulot, un boulot qu’il doit également trouver pour… financer le permis. La chance lui sourit néanmoins puisqu’il trouve effectivement un taf, comme homme de ménage pour riches particuliers intervenant la nuit. Toutefois, il n’a toujours pas cette fameuse carte qui lui permettrait d’être indépendant, ce qui le contraint à multiplier les heures de transports notamment dans le RER et les bus de nuit. Face à rythme effréné et éreintant, Marie-Charlotte, sa monitrice d’auto-école, propose de lui prêter son baise-en-ville, un objet qui pourrait bien lui faciliter la vie… ou pas ! 

Qu’est-ce qu’un baise-en-ville ? Je suis sûr que vous vous êtes posé cette question tant le nom vous paraissait loufoque comme barbare. Alors, le baise-en-ville, pour reprendre la définition proposée par Wikipédia, désigne « une sacoche, généralement munie d’une dragonne, permettant de transporter l’essentiel pour passer une nuit en dehors de son domicile. Il peut aussi désigner une petite valise ou un petit sac de voyage remplissant la même fonction » 

Vous l’aurez compris, le baise-en-ville est l’objet idéal pour tout homme (ou femme, ne soyons pas sexistes ^^) qui envisage de passer la nuit hors de chez lui pour une rencontre d’un soir (ou plus si affinités). Un objet qui doit permettre à notre Sprite de concilier le nécessaire (se rendre à son taf) à l’agréable (une partie de galipettes) et donc avoir la vie un peu moins compliquée. 

Une situation idéale pour notre héros si ce dernier était un tombeur, ce qui n’est pas tellement le cas. Sprite, sans être moche non plus, n’a pas tellement non plus l’âme d’un séducteur et ce n’est pas une inscription – pas tellement de son gré – sur un site de rencontres qui changera la donne. Malgré tout, cet objet est loin d’être inutile pour Sprite qui, d’une certaine manière, devra se prendre en main. 

Film hilarant et absurde (pour le sens mélioratif du terme), Baise-en-ville illustre bien le portrait d’une génération qui ne sait pas tellement où elle va, ce qui la rend attachante. Un film porté par Martin Jauvat qui signe au passage sa seconde réalisation et dont j’espère pour lui qu’il continuera dans le milieu, tant il semble investi et sympathique.

En tout cas, sympa qu’il tourne dans sa propre ville 😉 

Baise-en-ville

Un film de : Martin Jauvat

Avec : Martin Jauvat, Emmanuelle Bercot, William Lebghil, Sébastien Chassagne, Anaïde Rozam, Annabelle Lengronne, Géraldine Pailhas, Michel Hazanavicius…

Pays : France

Genre : Comédie

Durée : 1h34

Sortie : le 28 janvier

Note : 14/20

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