Le cri des gardes : la sépulture

Issach de Bankolé. Pour les plus jeunes, ce nom ne vous dira pas grand-chose et pourtant c’est un acteur qui a (tellement) de bouteille ! 

Après le très marquant Muganga, celui qui soigne qui retrace le combat du docteur Denis Mukwege en apportant aide, soin et protection aux femmes victimes de viol en République démocratique du Congo, celui que j’ai connu dans le film (très) culte Black Mic Mac revient à l’affiche dans un drame qui se déroule en plein cœur de l’Afrique de l’Ouest. 

Nous sommes donc en Afrique de l’Ouest. Alboury se rend sur un chantier situé non loin de la grande ville, avec une mission bien précise. Il souhaite récupérer le corps sans vie de son frère qui travaillait sur le chantier. À son arrivée, il rencontre Horn, le responsable du chantier qu’il supervise avec Cal, un ingénieur. Une double clôture qui sépare les travailleurs blancs des travailleurs noirs se dresse entre Alboury et Horn. Le premier a prévenu : il ne quittera pas les lieux tant qu’il n’aura pas récupéré la dépouille de son frère. Dans le même temps, Leone, la future femme de Horn, venue tout droit d’Europe, arrive elle aussi sur le chantier. 

Alboury est un homme calme, qui parle peu, assez secret mais qui n’en demeure pas moins déterminé. Déterminé à récupérer le corps de son frère afin de le ramener au village et l’enterrer dans des conditions dignes. Pour cela, il est prêt à rester toute la nuit s’il le faut, malgré les mises en garde de Horn. Il l’a dit, il ne bougera pas sans son benjamin, ce qui fait clairement penser à Antigone d’une certaine manière. 

Face à lui, Horn, le responsable de chantier. Un homme qui reste droit dans ses bottes face à la ferme requête d’Alboury, quitte à balayer d’un revers de la main, les accusations de ce dernier. Horn sait pertinemment qui est responsable de la mort de Nouofia, le frère d’Alboury mais préfère jouer la montre, voire de protéger celui qui a commis le crime. 

Dès lors, dans ce huis-clos assez anxiogène, les deux hommes s’affrontent, bien déterminés à ne pas céder. C’est particulièrement vrai pour Alboury qui d’une certaine manière se bat pour la dignité de son frère mais aussi sa propre dignité. Avec un objectif à la clé : obtenir justice.

Film sur le papier intéressant, Le Cri des gardes se distingue malheureusement par son rythme très lent faisant qu’à certains moments, je n’ai pas pu faire autrement que de piquer du nez tout au long de la projection. Bien dommage car outre le fait que j’apprécie beaucoup Issach de Bankolé, le thème même du projet aurait gagné à être davantage défendu. 

Le cri des gardes

Un film de : Claire Denis

Avec : Isaach de Bankolé, Matt Dillon, Mia McKenna-Bruce, Tom Blyth, Brian Begnan, Moussa Thiam…

Pays : France

Genre : Drame

Durée : 1h49

Sortie : le 8 avril

Note : 9/20

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