Romeria : le sang et le secret

Le cinéma espagnol est toujours agréable à découvrir, tant il propose quelque chose de différent et parfois audacieux. Un cinéma qui innove à mon sens et joue souvent la carte du drame voire du tragique avec une certaine justesse et sensibilité. Le film que je vous présente n’échappe pas à la règle. 

Nous sommes en juillet 2004. Marina, jeune barcelonaise de 20 ans, doit obtenir un document d’état civil pour ses études supérieures. Adoptée, elle doit renouer avec sa famille paternelle biologique. Direction la Galice et plus précisément Vigo où elle retrouve ses oncle et tante ainsi que ses cousins. L’arrivée de Marina suscite des souvenirs contrastés et douloureux au sein de la famille de son père biologique. Avec son lot de non-dits, d’apparences et de hontes. A travers le journal intime de sa mère biologique, Marina tente de comprendre ce qui s’est passé tout en apprenant à connaître des gens qui lui restent étrangers. 

Lorsque quelqu’un renoue avec sa famille (biologique ou non d’ailleurs) et par extension avec son passé, il est inéluctable que des souvenirs reviennent à la surface et avec eux son lot de secrets plus ou moins inavouables. Marina débarque littéralement dans un cercle qui bien différent d’elle et dans lequel le souvenir d’Alfonso, dit Fon, semble comme lointain. Comme si, la mémoire de ce membre était difficile à entretenir et encore plus à porter. 

Il faut dire qu’Alfonso représente le souvenir d’une époque, celle des années 1980, d’une certaine insouciance mais aussi d’une certaine mise en abîme voire d’une déchéance caractérisée par la drogue à foison et le VIH. Fon et sa copine étaient en effet des marginaux, complètement détruits par l’héroïne et autres substances fatales. Une situation qui provoque le chaos dans cette bonne famille qui préfère fuir la situation plutôt que d’affronter les choses et demander de l’aide. 

Face à cela et à ces secrets, Marina mène l’enquête, accompagnée du journal intime de sa mère qu’elle ne quitte jamais et pour cause ! C’est le seul lien qu’elle a avec une femme qu’elle n’a jamais connu, le seul lien qui lui permet de comprendre qui elle est et pourquoi sa famille biologique (du moins certains membres) a voulu minorer l’existence de sa mère ainsi que son père. Une quête d’identité donc au-delà d’une contrainte administrative qui n’est pas sans conséquences mais qui demeure indispensable pour avancer

Malgré un rythme lent, Roseria se distingue par sa réalisation, son côté dramatique et son ambiance « huis clos », ce qui rend le film intéressant à découvrir

Roseria

Un film de : Carla Simón

Avec : Llúcia Garcia, Mitch, Tristán Ulloa, Janet Novas, Celine Tyll, Miryam Gallego…

Pays : Espagne

Genre : Drame

Durée : 1h52

Sortie : le 8 avril

Note : 13/20

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