Vivre en couple. Que l’on soit dans cette situation depuis un (bon) moment ou tout récemment, cela requiert constamment de la communication, de l’innovation et même de la lucidité, histoire que la monotonie ne prenne pas le dessous et que la flamme n’éteigne pas par la suite, progressivement. C’est ce qui arrive précisément à Violaine et Florence.
Nous sommes à Longueuil, sur la rive sud du Saint-Laurent, face à Montréal. Violaine, jeune mère, est à fleur de peau, son mari, Bruno, étant constamment sur la route pour son travail. De son côté, Florence, en couple et mère d’un garçon de dix ans, est en arrêt maladie et sous antidépresseurs, ce qui a un effet sur sa libido. Ces deux voisines dont tout semble opposer sympathisent et font face à la même solitude face aux hommes. Leur rencontre va non seulement casser leur vie monotone mais aussi bouleverser leur regard sur le sexe opposé et le sexe tout court. Et si l’épanouissement de soi passait par la remise en cause de l’ordre établi ?
Celles et ceux qui suivent mon blog depuis un certain moment savent à quel point je suis en amour pour le cinéma québécois. Aussi, il était plus qu’évident que je parte en salles découvrir cette comédie de mœurs et (gentiment) érotique qui se concentre sur deux femmes, deux voisines qui font face à leur solitude dans cette résidence assez austère de Longueuil. Violaine, sans connaître de dépression post-partum pour autant, se sent plus ou moins dépossédée, un peu impuissante au sein de son couple. La routine s’installe, Bruno est constamment en vadrouille (pour mieux aller voir ailleurs) et Violaine est littéralement devenue une maman qui tire son lait qu’une femme attirante aux yeux de son homme. De son côté, Florence, emprisonnée par sa dépression et ses envies suicidaires, fait ce qu’elle peut pour attirer le regard de David son compagnon et lui rappeler également qu’elle a beau être une maman, elle demeure une femme qui a des désirs. Cependant, difficile de les exprimer lorsque votre partenaire de vie ne semble pas très réactif à vos avances !
Aussi, lorsque Violaine et Florence se mettent à sympathiser, un constat s’impose. Ce sont des âmes seules et elles ne veulent plus du status quo. Elles sont femmes, elles sont encore désirables et entendent bien le prouver en séduisant d’autres hommes et ce, peu importe la morale. D’ailleurs, c’est simple, qui a dit que la monogamie était la règle intangible ? Qui a dit parce qu’elles sont devenues des mères, qu’elles sont en couple, qu’elles ne pouvaient plus être des femmes ? Violaine et Florence décident tout bonnement de casser les codes pour tout simplement se retrouver.
Comédie de mœurs assez novatrice et drôle à certains moments, Deux femmes et quelques hommes nous proposent un joli changement de paradigme sur les relations femmes – hommes à l’heure du consentement et du mot-dièse « MeToo ». Comme si le désir pour les hommes et avec d’autres hommes, loin d’être une provocation, est une libération salvatrice tout simplement.
Deux femmes et quelques hommes (Deux femmes en or)
Un film de : Chloé Robichaud
Avec : Laurence Leboeuf, Karine Gonthier-Hyndman, Félix Moati, Sophie Nélisse, Mani Souleymanou, Juliette Gariépy…
Pays : Canada
Genre : Comédie
Durée : 1h39
Sortie : le 4 mars
Note : 14/20


