Il existe des rendez-vous avec l’Histoire à ne surtout pas manquer tant ils sont importants, notamment pour la suite. Le procès des dignitaires nazis de Nuremberg, qui s’est tenu de novembre 1945 à septembre 1946 en fait partie.
Un procès hors norme dont les préparatifs débutent juste après la capitulation de l’Allemagne nazie, en mai 1945. Après de longues tractations au sein des Alliés, il est décidé que les personnes-clé du régime déchu seront traduits en justice. Parmi les prévenus, Hermann Göring, le numéro 2 du système et le plus haut gradé depuis le suicide du Führer. Pour évaluer sa santé mentale et sa capacité à assister au procès, l’armée américaine fait appel à Douglas Kelly, un psychiatre âgé d’une trentaine d’années. S’en suit entre le jeune praticien et le militaire nazi une relation particulière dans lequel un rapport de forces s’instaure. Face à Göring, un homme aussi cynique que manipulateur, Kelly saura rester lucide ? De cette question, dépend l’issue du procès.
Si on connaît l’issue du procès de Nuremberg, la tenue même de ce dernier n’était pas forcément une évidence, comme le rappelle d’ailleurs le film. Au sein de l’armée et du gouvernement américains en effet, certains ne voyaient pas tellement d’un mauvais œil le fait d’exécuter sommairement Göring et toute sa clique, craignant qu’un procès ne serve de tribune à ces monstres pour tenter de justifier l’injustifiable.
C’est la détermination et la ruse d’un homme, le procureur Robert Jackson, qui permettent que le procès de Nuremberg se tienne finalement, à l’endroit même où les nazis tenaient leurs grands rassemblements fanatiques. L’enjeu est de taille car derrière ce grand moment de justice, se cache l’idée du « plus jamais ça » en démontrant que ces hommes qui se pensaient supérieurs aux autres, ne sont qu’en réalité que de vulgaires criminels et assassins qu’il convient de châtier de manière exemplaire.
Dès lors, la mission qui est confiée à Douglas Kelly est particulièrement importante, lui qui doit découvrir qui se cache derrière des hommes qui ont commis l’inqualifiable. Parmi eux, Hermann Göring, ce dignitaire de premier plan, successeur désigné d’Hitler, qui n’affiche aucune once de repentance et encore moins de regret. Derrière un homme qui, en apparence, s’est volontairement rendu aux Alliés, la veille du 8 mai 1945 et qui se montre coopératif, au point de gagner la confiance de Kelly, ne se cache pas un habile et cynique manipulateur qui compte bien transformer son procès en tribune politique et d’une certaine manière, sauver sa peau ?
C’est tout le défi auquel Kelly, Jackson et plus globalement les Alliés doivent faire face s’ils ne veulent que le procès de Nuremberg, qu’ils ont initié, se retourne contre eux et se transforme en fiasco, un échec pouvant avoir des conséquences majeures pour la suite. En clair, Nuremberg est bien plus qu’un procès pour l’Histoire, c’est une obligation morale pour en finir avec le nazisme définitivement.
Avec ses 2h29 au compteur, Nuremberg est une piqure de rappel plus que bienvenue et qui arrive au moment où on célèbre les 80 ans de ce procès historique. Un procès qui nous rappelle que la banalité du mal, avant qu’elle soit théorisée par Hannah Arendt, est loin d’avoir disparu, bien au contraire !
Nuremberg
Un film de : James Vanderbilt
Avec : Russell Crowe, Rami Malek, Richard E. Grant, Leo Woodall, John Slattery, Mark O’Brien, Michael Shannon, Colin Hanks…
Pays : États-Unis
Genre : Drame, Historique
Durée : 2h29
Sortie : le 28 janvier
Note : 16/20




