Amour apocalypse : éco-anxiété(s)

Avec tout ce qui se passe présentement sur notre planète, il n’est pas déconnant de se montrer inquiet, voire carrément inquiet pour la suite. Tensions internationales, crise économique, urgence climatique… une situation qui provoque chez certains de l’éco-anxiété, une façon d’exprimer leur angoisse plus ou moins justifiée, par rapport à un monde qui ne tourne plus tellement rond. 

C’est ce qui arrive précisément à Adam. Nous sommes au Canada et plus précisément au Québec. Adam, comme je l’ai indiqué, est propriétaire d’un chenil. L’été bat son plein et pour calmer ses angoisses et mieux combattre sa dépression, il a acheté une lampe lui permettant de faire de la luminothérapie. Un soir, il casse accidentellement et à la suite d’une nouvelle crise, son objet. Il appelle le service client, située dans la province voisine et anglophone de l’Ontario, et tombe sur Tina, une téléconseillère. Très vite, ils se lient d’amitié et même davantage. Suffisamment pour qu’Adam, apprenant qu’un séisme s’est produit là où travaille la jeune femme, décide de traverser la frontière provinciale pour partir à la rencontre de celle qui pourrait dissiper ses angoisses et, par la même occasion, changer sa vie. 

Je ne le redirai jamais assez je suis un amoureux du Canada et plus spécifiquement du Québec. C’est donc sans surprise et même avec une certaine « obligation » que je me devais d’aller voir le film d’Anne Emond qui nous présente un personnage principal particulièrement angoissé. Il panique sur tout et tout particulièrement sur cette planète qui court, selon lui à la catastrophe. Une situation qui le paralyse et qui fait qu’il est davantage spectateur qu’acteur de sa vie. Une situation qui fait qu’il perd confiance en lui quand il ne se fait mener littéralement par le bout du nez notamment par Romy, son employée type génération Z, une jeune femme qui n’est pas tellement fan de l’autorité, un peu nonchalante et qui normal de faire venir son cheum pour faire quelques galipettes, après avoir jouée les allumeuses avec son patron bien évidemment ! 

Dit comme cela, Adam ne fait pas très sexy. Cependant son coup de fil inattendu et improbable à Tina pourrait bien changer la donne. Tina, bien que standardiste, est cette voix qui rassure notre éco-anxieux. Elle ne dit rien de particulier mais elle est là, elle l’écoute, elle prend son temps. C’est un détail mais il est essentiel pour Adam qui se canalise d’une certaine manière. Là où il se fait en permanence critiquer voire juger par son père et son frère, Adam se sent totalement en confiance avec cette femme. Avec elle, il y a un certain lâcher prise. 

Cependant, cette situation n’est-elle pas artificielle ? Si les causes de l’éco-anxiété d’Adam étaient bien plus profondes que l’état anxiogène de notre monde ? Là aussi, notre héros doit également lâcher prise s’il veut retrouver d’une certaine manière une paix intérieure, un moment obligé pour voir la vie différemment. 

Long-métrage efficace et surtout tordant, Amour apocalypse pourrait valoir tous les antidépresseurs actuellement disponibles sur le marché et nous rappelle surtout face au monde qui nous entourne et qui parfois (voire souvent) débloque, on peut malgré tout rester maitre de soi et donc acteur de son destin. 

Amour apocalypse 

Un film de : Anne Emond

Avec : Patrick Hivon, Piper Perabo, Connor Jessup, Gilles Renaud, Elizabeth Mageren…

Pays : Canada 

Genre : Comédie, Romance

Durée : 1h40

Sortie : le 21 janvier

Note : 15/20

Laisser un commentaire