Il n’existe pas de séparation heureuse, bien au contraire ! Quitter ou être quitté par celui ou celle avec qui vous avez partagé un moment de votre existence laisse toujours des traces, voire des rancoeurs. Des rancoeurs qui, dans certains cas, peuvent surgir de manière assez inattendue alors que tout semble normal. C’est ce qui arrive à Clémence.
Nous sommes à Paris. Clémence est séparée de Laurent, son mari, avec qui elle a un enfant, Paul, âgé de huit ans. Bien que chacun vive sa vie de son côté, ils maintiennent une entente cordiale pour le bien-être de leur garçon dont ils assurent alternativement la garde. Alors qu’elle prend un café avec son ex-compagnon, elle lui annonce qu’elle fréquente désormais des femmes. Dès lors tout bascule. Laurent saisit la justice pour réclamer la garde complète de Paul en portant de lourdes accusations sur son ex-femme. Clémence devra se battre pour continuer à voir son fils, rester digne mais surtout rester libre.
Comme je l’indiquais précédemment, il n’existe pas de séparation heureuse et cela est encore plus vrai lorsque l’une des deux parties s’engage dans une bataille juridique visant davantage à vous nuire que de protéger l’enfant que vous avez eu ensemble. En effet, lorsque Clémence fait son coming-out, celui qui était encore son mari change progressivement d’attitude. Lui qui au départ, n’aurait pas dit non pour reprendre son histoire avec sa femme, comprend que cette perspective s’éloigne définitivement. Dès lors, et en guise de représailles, Paul devient une « arme » pointée contre Clémence qui est accusée de tous les maux. Clémence est subitement présentée comme quelqu’un d’instable, de pas fiable et dont le mode de vie pourrait sérieusement perturber l’équilibre de son fils.
Des accusations qui passent très mal pour l’autrice qui ne comprend pas, ou plutôt si ! Laurent se venge d’une certaine manière en préemptant Paul. Clémence devient la méchante, cette femme de mauvaise condition qui ne doit surtout pas avoir d’influence sur son enfant. Une situation pour le moins insupportable qui mine la jeune femme qui se face à plusieurs murs. Celui de son ex-mari bien sûr, froid, cynique et égoïste, mais également celui de la justice et de l’administration face auquel elle a bien du mal à faire valoir ses droits. Elle doit également faire preuve de patience et de résilience, suspendue au bon vouloir de Laurent et des rares visites qu’elle peut avoir pour voir son fils en lieu neutre.
Une situation qui pèse également sur sa vie et notamment amoureuse. Même lesbienne déclarée, comment envisager sereinement une vie à deux lorsqu’on tente par tous les moyens de maintenir le lien avec son enfant pour éviter qu’il ne soit définitivement rompu justement au profit exclusif du père ? Ce n’est pas sur un mais plusieurs fronts que Clémence se bat pour obtenir justice mais aussi retrouver une certaine dignité face à cette violence que lui inflige son ex-marI. Pour Paul mais aussi pour elle-même, elle doit se battre. Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle néanmoins ?
Adapté du roman éponyme de Constance Debré, Love me tender, porté par une touchante Vicky Krieps, nous parle d’une femme qui tient à sa dignité, par amour pour son fils, bien que le combat soit inégal et surtout inéquitable. Un combat dans lequel la mesquinerie de celui qu’on a sincèrement aimé durant un temps se distille tel un poison et dont on ne comprend pas son attitude qui ne fait au final qu’un seul et grand perdant, à savoir, Paul.
Love me tender
Un film de : Anna Cazenave Cambet
Avec : Vicky Krieps, Antoine Reinartz, Monia Chokri, Viggo Ferreira-Redier, Féodor Atkine, Ji-Min Park, Salif Cissé…
Pays : France
Genre : Drame
Durée : 2h14
Sortie : le 10 décembre
Note : 16/20




