Running man : course de survie, course à l’audimat

Ce qui est bien avec Stephen King, c’est qu’il est là où on ne l’attend pas forcément. C’est encore plus vrai quand on sait qu’à travers ses œuvres littéraires, il dresse une version assez lucide et critique de l’Amérique, vision qui n’a pas vraiment pas pris une ride, ce qui est effarant au passage. 

Si je vous parle de Stephen King c’est que, pour la seconde fois, un de ses ouvrages, Running Man, est adapté sur grand écran. Nous sommes (une nouvelle fois) dans un futur proche et post-démocratique. Au sein d’une société très inégalitaire, les pauvres tentent tant bien que mal de survivre. Un des échappatoires demeure la télévision et en particulier les jeux violents et des émissions de télé-réalité qui foisonnent sur la chaîne Network détenue par des milliardaires davantage soucieux de maintenir la population sous contrôle que l’émanciper. Suite à une rébellion dans le cadre de son travail, Ben Richards, un ouvrier manuel est mis sur liste noire, ce qu’il l’empêche de retrouver un emploi. Alors que sa fille est gravement malade et poussé par Dan Killian, un producteur aussi puissant que cynique, il se résout à participer à Running Man, un jeu de télé-réalité trash. Durant trente jours, il doit échapper à des tueurs professionnels et ne pas se faire dénoncer. A la clé, une importante somme d’argent. Cependant, au fur et à mesure que le show se déroule, Ben devient un véritable héros national, devenant ainsi une menace pour le système. Ben devra alors ruser et faire preuve de détermination mais aussi de lucidité pour déjouer tous les pronostics et autres coups tordus. 

Comme indiqué précédemment, Running Man est la seconde adaptation du roman éponyme de Stephen King, paru en 1982. Dans cette nouvelle version c’est Glen Powell qui reprend le rôle d’Arnold Schwarzenegger dans un synopsis qui se veut plus évolutif et correspond avec notre temps. Dans cette Amérique post-démocratique et autoritaire, la télévision et tout particulièrement les émissions de télé-réalité sert d’outil pour tenir la foule en laisse et l’abreuver de concepts aussi violents qu’absurdes. La télévision est belle et bien cette religion qui sert d’opium au peuple, un peuple qui ne prendra pas la peine de s’interroger sur sa propre condition et surtout sur l’injustice qu’il subit. 

Pire, la télé, c’est la promesse d’argent immédiat et rapide et ce qui explique en partie pourquoi Ben Richards constent, bien malgré lui, à participer à une émission dont personne n’est revenu en vie après 30 jours. Il est dans une situation d’urgence et il est prêt à tout pour sauver sa femme et sa fille. 

C’est donc un homme désespéré mais en rage qui participe à ce jeu suicidaire. Cependant, cette rage est sa meilleure aillée. C’est ce moteur qui lui permet d’avancer dans le jeu au point de remettre en cause l’ordre établi. Ben devient qu’il le veuille ou non un héros, celui qui peut proposer un autre scénario que celui rédigé à l’avance par Dan Killian. Si le profit et l’audimat est le carburant du second, c’est plutôt la quête de justice qui sert de raison d’être au premier. 

Bien aidé par un rythme assez dense, malgré ses 2h13 au compteur, Running Man expose de manière subtile les travers des Etats-Unis et en particulier de la télé-réalité où tout est bon pour générer de l’argent quitte à maintenir les foules dans une certaine léthargie. Et si au final, la Révolution venait de là où on ne l’attendait pas ? 

Running Man (The Running Man) 

Un film de : Edgar Wright

Avec : Glen Powell, Josh Brolin, William H. Macy, Colman Domingo, Lee Pace, Michael Cera, Emilia Jones, Jayme Lawson…

Pays : Royaume-Uni

Genre : Action, Science-Fiction, Thriller

Durée : 2h13

Sortie : le 19 novembre

Note : 15/20

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