Le cinéma rengorge de films qui vous tiennent en haleine, du moins attire tout particulièrement votre attention tant le synopsis mais aussi le rythme est au rendez-vous et sont omniprésents.
C’est notamment le cas du long-métrage dont je vais vous parler. Nous sommes à Bruxelles. Dans la capitale belge, Alice a un rendez-vous très important, pour ne pas die crucial. Accompagnée de ses deux enfants, elle a un audience auprès du juge de la famille (l’équivalent de notre juge aux affaires familiales) afin de statuer sur leur garde, contestée par son ex-compagnon. Cet instant est particulièrement délicat car elle sait qu’elle n’a pas le droit à l’erreur. Voulant à tout prix protéger son fils et sa fille de leur père, la question est de savoir si elle trouvera la sérénité et surtout la lucidité pour convaincre la juge ?
Le film démarre avec une Alice particulièrement nerveuse et à la limite de la syncope qui tente bien malgré tout de convaincre Étienne, son cadet, de se rendre à l’audience. Cette scène témoigne assez nettement de la tension qui existe tout au long de notre histoire. Une tension qui ne quittera le spectateur mais également notre personnage principal qui sait qu’elle joue gros.
Et pour cause ! Alice accuse son ex-mari d’inceste sur son fils cadet, certains éléments qu’Etienne aurait révélé ne laissant aucunement place au doute, sans compter sa très forte hostilité envers son père. Alice, en toute mère qui se respecte, cherche tout simplement à protéger ses enfants de celui qu’elle considère comme un prédateur. Une situation qui la rend particulièrement nerveuse, voire incontrôlable mais qui pourrait néanmoins se retourner contre elle.
Cependant, comment il peut en être autrement lorsque vous manquez d’éléments tangibles, les seuls que vous ayez en votre possession étant la parole de votre fils ? Face à elle, son ex-conjoint paraît calme, placide. Limite, c’est lui la victime, l’incompris. Il accuse sa femme de vouloir retourner ses enfants contre lui et ainsi couper définitivement le contact. Un jeu plus ou moins vicieux voire mesquin se met alors en place afin de discréditer Alice.
Aussi, Alice, durant l’audience doit faire preuve de lucidité. Lucidité face à la situation, lucidité face à ses enfants mais aussi (et surtout) lucidité face à elle-même, même si l’enjeu est particulièrement déterminant. Pourtant, c’est bien en passant par-là, qu’elle pourra sauver (ou non) ses enfants du précipice.
Malgré ses 1h18 au compteur, On vous croit réussit le coup de force de nous happer du début à la fin, notamment en mettant le focus sur cette mère de famille qui abat la seule carte qu’elle a en sa possession et qui veut croire en la justice. On est pris en profonde empathie et on sait que si elle parvient à nous convaincre, elle parviendra à convaincre le juge du bien-fondé de sa démarche. Un long métrage salutaire et fort.
On vous croit
Un film de : Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys
Avec : Myriem Akheddiou, Laurent Capelluto, Natali Broods, Ulysse Goffin, Adèle Pinckaers, Alisa Laub, Marion de Nanteuil, Mounir Bennaoum…
Pays : Belgique
Genre : Drame
Durée : 1h18
Sortie : le 12 novembre
Note : 17/20




