Le Gang des Amazones : hold-ups pour rester digne

Ce que j’aime, lorsque je vais au cinéma, c’est de découvrir des histoires toujours aussi surprenantes, des parcours de vie hors du commun, des femmes et des hommes ordinaires qui, à un moment de leur existence, prennent une ou des décisions qui changent leur vie. 

C’est exactement ce qui est arrivé à une bande de copines à la fin des années 1980. Nous sommes dans le Vaucluse, à l’Isle sur la Sorgue, non loin d’Avignon. Hélène, Laurence, Carole, Fathia dite Cathy et Malika ont la vingtaine et vivent dans un milieu modeste, exception faite de la troisième. Alors que les difficultés s’accumulent, une idée leur vient en tête. Elles décident de braquer des banques pour améliorer leurs conditions de vie et tout simplement s’en sortir. Durant deux ans, entre 1989 et 1991, elles vont écumer plusieurs établissements dans le département. Elles seront surnommées « Le Gang des Amazones ». 

Le Gang des Amazones est tiré d’une histoire vraie et touchante (vous allez comprendre pourquoi j’affirme cela), celle d’une bande de copines qui prennent la décision assez folle de commettre des braquages. Dit comme cela, on pourrait se dire qu’on a affaire à des femmes sans foi ni loi qui n’ont pas peur de la violence et qui sèment la terreur pour parvenir à leurs fins. 

La réalité est, vous vous doutez, un peu plus complexe. Le Gang des Amazones, c’est tout d’abord des filles qui peinent à trouver leur place et qui surtout cumulent les galères pour s’en sortir. C’est notamment le cas d’Hélène, mère célibataire qui se trouve en difficulté le jour où la Caisse d’allocations familiales (CAF) lui réclame un trop perçu, lui faisant passer de 3 000 à… 31 francs d’aides du jour au lendemain. Une aide indispensable qui s’envole brutalement et une situation que la jeune mère considère comme une injustice. 

Aussi, Hélène comme ses copines passent en mode survie, c’est notamment le cas de Laurence jouée par une Laura Felpin méconnaissable (dans le bon sens du terme) qui subit les coups et autres dénigrements d’un mari violent. Braquer des banques, c’est de la facilité certes mais c’est aussi le moyen de s’accéder à la vie qu’elles auraient souhaité notamment pour leurs proches. 

Ce ne sont pas des délinquantes et c’est cela qui finit par nous toucher. Même si elles ont, bien sûr, enfreint la loi, on comprend quelque peu la démarche. Une réplique l’explique assez clairement d’ailleurs, c’est celle de l’avocat de la défense qui, lors de leur procès, des années plus tard, déclare au jury « l’avocat général vous les livre, moi je vous les confie ». Encore une fois, le geste est répréhensible et expliquer n’est surtout excuser mais il est nécessaire d’avoir toutes les cartes en main pour analyser ce passage à l’acte. 

Certains diront que le film de Mélissa Drigeard se montre complaisant. C’est oublier au final qu’elle dépeint une réalité, celles de jeunes femmes qui, à un moment donné, ont cherché un moyen de s’en sortir, fut-il dans l’illégalité. Une histoire marquante à découvrir. 

Le Gang des Amazones

Un film de : Melissa Drigeard

Avec : Izia Higelin, Lyna Khoudri, Laura Felpin, Mallory Wanecque, Kenza Fortas, Moussa Maaskri, Patrick Descamps, Rabah Nait Oufella…

Pays : France

Genre : Drame, Policier

Durée : 2h06

Sortie : le 12 novembre

Note : 14/20

[BONUS] Si vous voulez en savoir un peu plus sur le véritable Gang des Amazones, cette vidéo de Gaspard G est dispo ci-dessous. Bonne lecture !

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