Deux pianos : Méandres

François Civil devient un pensionnaire de notre cinéma. Tranquillement, il tisse sa toile au sein du public mais aussi au sein de la profession, faisant de lui un acteur de plus en plus apprécié et plus en plus incontournable. Le genre de personne qui est capable de se sentir à l’aise aussi bien dans la comédie que dans le drame. 

C’est justement dans un film dramatique qu’on le retrouve en compagnie de la très belle Nadia Tereszkiewicz et de Charlotte Rampling. Nous sommes à Lyon. Mathias Vogler, pianiste de renom, est de retour en France après plusieurs années passées à l’étranger et notamment à Tokyo. Elena, autre artiste de renom et sa mentore, souhaite qu’il se produise à ses côtés à l’occasion d’une série de concerts. Alors qu’il se promène, après une première rencontre inattendue quelques jours plus tôt, il tombe sur un enfant qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Souhaitant en savoir davantage et estimant que le doute n’est plus permis, sa quête de vérité le mène progressivement à Claude, son amour de jeunesse. Mathias se plonge ainsi dans un passé aussi intense que déroutant et qui remet en cause tout ce qu’il avait bâti jusqu’ici. 

Un amour de jeunesse aussi fort qu’intense mais qui a laissé des traces et pas uniquement l’existence d’un enfant caché. Lorsque Mathias revient dans la capitale des Gaules, il ne s’attend pas nécessairement à tomber sur Claude, cette jolie et ténébreuse blonde avec qui il a vécu une histoire d’amour forte et profonde. Un détail cependant, Claude fréquentait aussi Pierre qui deviendra son mari. Une relation triangulaire comme il y en a de plus classique mais qui a existé sans réellement exister. Claude est au cœur de celle-ci, cette femme qui n’a su ou plutôt voulu choisir entre deux hommes, deux amis même, qu’elle a profondément aimé malgré leur caractères plutôt opposés. 

Aussi, lorsque Mathias croise de nouveau Claude après tant d’années mais surtout lorsque ce dernier tombe nez à nez sur son fils, c’est une double déflagration. Claude, c’est cette femme qui lui fait autant du mal que du bien. Cette femme est autant son poison que son antidote, cette femme qui pourrait faire qu’il remette en cause sa carrière prometteuse pour un poste un peu plus modeste, quitte à gâcher son talent. 

C’est d’autant plus vrai lorsqu’il tombe sur son fils biologique. Mathias perd littéralement ses repères mais d’une certaine manière s’affranchit, du moins souhaite s’affranchir notamment de sa mentore, Elena. Il est prêt à tout risquer quitte à s’abîmer davantage. Cependant, cela n’est-il pas à double tranchant au final ? Où est-ce un moyen de solder le passé une bonne fois pour toutes, surtout à l’occasion d’un événement tout aussi inattendu ? 

Malgré quelques longueurs (mais bon ! C’est inévitable chez Arnaud Desplechin), Deux Pianos se défend correctement bien, bien porté par le duo Civil/Tereszkiewicz. Pour le reste, rien tellement de transcendant hormis une histoire d’amour, de non-dits et de regrets à laquelle on pourrait finalement s’y identifier. 

Deux pianos

Un film de : Arnaud Desplechin

Avec : François Civil, Nadia Tereszkiewicz, Charlotte Rampling, Hippolyte Girardot, Alba Gaïa Bellugi, Anne Kessler, Valentin Picard…

Pays : France

Genre : Drame

Durée : 1h55

Sortie : le 15 octobre

Note : 12/20

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