Classe moyenne : lutte(s) finale(s)

Les relations employés/employeurs. Un classique que le cinéma français a exploré en long, large et travers. Cet affrontement entre les bien portants et les plus modestes qui vire parfois jusqu’à l’absurde, le plus souvent pour le pire. Sans compter que tous les coups sont permis, même les plus contestables. 

Nous sommes en Languedoc-Roussillon, dans le Gard précisément. Medhi, jeune diplômé en droit, rejoint Garance, sa petite-amie dans la maison familiale de cette dernière. Garance, comédienne en devenir est la fille de Philippe Trousselard, avocat parisien prospère et de Laurence, actrice qui avait connu la gloire quelques années auparavant. L’occasion de passer de bonnes vacances avec sa bien-aimée et de faire plus ample connaissance avec sa belle-famille. Alors que le contexte semble être idéal, un conflit éclate. Mécontents de la façon dont ils sont considérés, Tony et Nadine Azizi, les gardiens de la résidence secondaire des Trousselard, décident de saisir la justice en poursuivant leurs employeurs. Medhi, issu d’un milieu modeste et voyant la situation bloquée, propose ses services pour remédier à une solution. Croyant bien faire, les choses lui échappent progressivement. 

Philippe et Laurence sont typiques des gens issus de la classe moyenne, voire supérieure. Ils vivent confortablement, profitent de leur belle piscine avec vue sur l’arrière-pays occitan et se montrent plus ou moins condescendants avec Tony et Nadine, ce couple qui gère leur villa le reste de l’année. Pour Philippe, lorsqu’il est là avec sa femme et sa fille, les gardiens sont à leur service, ce qui le pousse parfois (souvent en réalité) à se montrer sans gêne. Une situation que suppose de moins en moins Tony qui estime qu’on le prend pour un larbin et que lui et sa famille ne sont pas vraiment considérés avec le respect qui leur est dû. 

Logiquement, le conflit éclate et qui dit conflit dit forcément gros sous. C’est là où le bât blesse, les Azizi réclamant de fortes indemnités pour notamment non-déclaration de leur emploi à l’URSAFF, preuve à l’appui. Une situation inacceptable pour Philippe qui compte bien ne pas donner un seul centime à Tony et Nadine, quitte à leur rendre la vie compliquée. 

Dans ce contexte, Medhi tente de jouer les Saint-Bernard en jouant la carte de la médiation et de la négociation. Avocat en devenir, il en connaît déjà les codes. Une façon aussi d’impressionner son potentiel beau-père, cet homme imbu de lui-même qui aime qu’on lui complimente et qui regarde le copain de sa fille, avec une pointe de mépris. Dans cette comédie humaine, tout le monde tente de tirer son épingle du jeu, peu importe les conséquences. 

Film acide, efficace et drôle, Classe moyenne se veut sans concession. Tout le monde en prend pour son grade et au milieu, on trouve un jeune homme dont on se demande au final, s’il n’est pas le véritable dindon de la farce. Bref, un long-métrage divertissant. 

Classe moyenne

Un film de : Antony Cordier

Avec : Laurent Lafitte, Élodie Bouchez, Ramzy Bedia, Laure Calamy, Sami Outalbali, Noée Abita, Mahia Zrouki…

Pays : France

Genre : Comédie

Durée : 1h35

Sortie : le 24 septembre

Note : 12/20

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