The brutalist : construire son rêve américain

C’est l’un des films les plus attendus de 2025, et pas uniquement du fait de son casting ou même de son histoire. Un film, sérieux prétendant à la course aux Oscars pour de nombreuses raisons que nous allons développer dans quelques instants. 

Tout d’abord le synopsis. Nous sommes en 1947. Laszlo Toth, un hongrois de confession juive, émigre aux Etats-Unis. Ce survivant des camps de concentration et architecte de profession souhaite tourner la page et démarrer une nouvelle vie. Après un court arrêt à New York, direction Philadelphie à la rencontre de son cousin, Attila. Ce dernier lui annonce qu’Erzsebet, sa femme et Zsofia, sa nièce ont également survécu à la déportation mais que l’état de santé de la première les contraint à rester en Europe dans un premier temps. En attendant leur arrivée en Amérique, Laszlo tente de s’intégrer et de vivre de son métier avec l’objectif de vivre son « rêve américain ». Durant trente ans, le spectateur assiste à son évolution et observe ses attentes mais aussi ses désillusions. 

3h35. C’est le temps que dure The Brutalist et il ne s’agit pas d’une blague. Dit comme cela, la durée peut impressionner et même rebuter celles et ceux qui seraient tentés d’aller voir le long-métrage. Toutefois, cette crainte est très vite dissipée par le rythme de l’histoire et même l’architecture du film divisé en trois temps forts, agrémenté même d’un entracte de quinze minutes, chose rare (voire très voire) pour être soulignée. Cette particularité s’explique par le souhait du réalisateur de donner au spectateur un temps pour « souffler » et de digérer toute l’histoire, ce qui n’est pas stupide en soi. 

Une fois la durée du film connue, The Brutalist se distingue progressivement par ses plans, sa bande son mais aussi la prestation d’Adrien Brody qui incarne un Laszlo Toth qui cherche désespérément sa place dans ce nouveau monde, à l’instar de tous celles et ceux qui ont fui l’Europe en guerre. Cette quête est d’autant plus importante pour lui que l’Amérique c’est un peu sa nouvelle Terre promise au moment même où l’État d’Israël vient d’être créé. Formé au Bauhaus, Laszlo compte bien innover avec cette architecture brute, imposante et moderne pour l’époque, cette architecture méprisée par le régime nazi.

Cependant, cette nouvelle Terre promise tarde à émerger. Laszlo doit tout reconstruire, il doit surtout se reconstruire, ce qui reste un véritable défi. L’immigré n’est pas forcément bien considéré surtout s’il vient d’arriver, ce qu’il apprendra à ses dépens, en particulier au contact de son cousin. Dans ces conditions, l’architecte sombre peu à peu dans les drogues dures, le seul moyen paradoxalement de tenir et rester la tête hors de l’eau. Il sait malgré tout qu’il devra compter sur ses seules forces mais aussi sur l’amour qu’il porte à Erzsebet pour affronter ses démons et trouver enfin sa place. 

Bien aidé par un rythme plutôt soutenu, The Brutalist nous propose un focus pertinent sur l’immigration et la difficulté pour l’immigré de se reconstruire et de trouver sa place, tiraillé entre assimilation et identité. C’est ce que son réalisateur, Brady Corbet, a très bien réussi à mettre en avant. Un focus pertinent donc mais surtout bien actuel, comme si l’Histoire était encore et toujours un éternel recommencement.

The Brutalist

Un film de : Brady Corbet

Avec : Adrien Brody, Felicity Jones, Guy Pearce, Joe Alwyn, Raffey Cassidy, Ariane Labed, Stacy Martin, Issach de Bankolé…

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame

Durée : 3h35

Sortie : le 12 février

Note : 17/20

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