L’état de notre planète inquiète de plus en plus et fait que de plus en plus de personnes, notamment au sein des jeunes générations, se mobilisent face à l’urgence. On a bien sur en tête une activiste comme Greta Thunberg mais également des groupes aux actions coup de poing, voire contestables, certains n’hésitant pas à les qualifier « d’écoterroristes », terme tout aussi contestable, voire plus. Le plus souvent, leurs mouvements sont réprimés par l’État qui y voit, le plus souvent et à tort ou à raison, un trouble à l’ordre public.
Nous sommes en 2039. A Grenoble, Julia Bombarth, activiste de 29 ans, participe à une action visant à détruire des antennes-relais. Elle et ses camarades sont traqués par les forces de l’ordre qui mène une répression féroce contre ceux qu’ils estiment comme des ennemis de l’intérieur. Un jour, Julia disparaît sans laisser de trace. Elle se réveille et se trouve dans un endroit appelée « Planète B ». Ce lieu n’est pas anodin car c’est ni plus ni moins une prison virtuelle. Coupé de tout contact extérieur, Julia cherche les clés pour sortir de cette nébuleuse. Parallèlement, Nour, journaliste irakienne, décide de s’infiltrer dans la prison afin de savoir ce qu’il s’y passe concrètement et de savoir où sont passés les détenus qui y sont.
Si vous avez regardé Years and years, Planète B vous fera certainement penser à quelques moments-clé de la série d’anticipation britannique, j’en dirai pas plus pour éviter de divulgâcher. Dans cette prison qui ressemble à tout saut à une prison, Julia se trouve en compagnie d’autres activistes sans savoir concrètement ce qu’on leur reproche. Aucun contact avec l’extérieur, encore moins la possibilité de parler avec un avocat, les détenus attendent que cela passe. Dès lors, un mécanisme et une pression psychologique se mettent en place au sein de Planète B. S’ils décident de coopérer – comprendre balancer les groupes d’activistes auxquels ils appartiennent – on leur promet de sortir de cette prison virtuelle.
Parallèlement, Nour mène son enquête pour découvrir ce qui se cache derrière Planète B, cette prison inconnue de tous. Pour ce faire, elle se fait embaucher comme femme de ménage et infiltre une base militaire. A l’intérieur, elle perce les secrets de cet endroit où l’État de droit semble optionnel et où l’arbitraire semble devenue la norme. Au contact de Julia, elle découvre tout un système conçue pour faire taire des gens qu’on qualifie de terroristes afin de maintenir au mieux l’ordre existant. Reste à savoir comment et par quels moyens, la vérité peut éclater au grand jour.
Malgré quelques longueurs, Planète B pose avec justesse, les dérives de notre État de droit qui flirte de plus en plus souvent avec la ligne rouge au nom du maintien de l’ordre. Un film qui trouvera probablement son public, en ces fêtes de fin d’année.
Planète B
Un film de : Aude Léa Rapin
Avec : Adèle Exarchopoulos, Souheila Yacoub, Eliane Umuhire, India Hair, Marc Barbé…
Pays : France
Genre : Science Fiction, Thriller
Durée : 1h59
Sortie : le 25 décembre
Note : 12/20



