Une affaire de principe : José Bové, droit dans ses bottes

José Bové. Quand j’ai entendu son nom pour la première fois, c’était au moment de son coup d’éclat en septembre 1999. Peu de temps après avoir mis à sac un MacDo non loin de chez lui, le syndicaliste paysan avait mangé, un sandwich au roquefort devant un autre MacDo, cette fois-ci à Seattle, durant les négociations de l’Organisation Mondiale du Commerce.

Un geste qui depuis l’a fait passer dans la catégorie des emmerdeurs mais pour la bonne cause. Une réputation dont il n’a pas trop souffert, il me semble. Il en a même fait sa marque de fabrique durant deux mandats au Parlement européen. C’est notamment le cas en 2012 lorsque le commissaire maltais à la santé, John Dalli, est contraint à la démission. La raison invoquée par José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne ? Un non-respect de la charte éthique du collège des Commissaires européens. Un détail attire pour autant l’attention de José Bové. Le départ forcé de John Dalli intervient au moment où ce dernier devait présenter au Parlement et au Conseil de l’Union européenne, un projet de directive de lutte contre le tabagisme. Parmi les pistes envisagées, l’introduction obligatoire du paquet neutre agrémenté d’un message d’alerte. Il n’en faut pas plus pour le député européen écologiste pour constater que quelque chose ne va pas. Avec son assistant parlementaire Fabrice et sa stagiaire Clémence, José Bové découvre une réalité bien plus sombre qui sape les principes mêmes de la démocratie européenne. 

Une affaire de principe est tiré d’une histoire vraie, celle du combat de José Bové contre l’industrie du tabac qui a usé de toute son influence pour torpiller le projet de directive contre le tabagisme. Une histoire que le réalisateur, Antoine Raimbault, nous raconte tel un thriller dans lequel, les complots et autres magouilles semblent être légions. En effet, lorsque José Bové apprend la démission de John Dalli et notamment ses véritables raisons, il décide d’en savoir plus. Non pas par amitié pour l’ancien commissaire maltais mais pour une raison toute simple. En effet, il s’agit de respect envers le Parlement européen mais par-dessus tout de transparence, vis-à-vis des citoyens européens, surtout quand il s’agit de leur santé. 

C’est en toute logique que José Bové va demander des comptes. Toutefois, cela serait bien trop facile et c’est sans surprise qu’il aura face à lui des résistances plus ou moins prononcées, en particulier de la Commission européenne et de son président, bien décidé à jouer la montre et à surtout divulguer le moins d’info possible. Même, Martin Schulz, le tout nouveau président du Parlement européen ne sera pas d’une grande utilité. C’est pour autant mal connaître le parlementaire écologiste qui, fidèle à  sa réputation, est bien décidé à faire ch*** – selon ces propres mots – celles et ceux qui ont tout intérêt à l’opacité comme à l’omerta. Au-delà de ce plaisir coupable, c’est une question de principe et c’est non négociable. 

Porté par le belge Bouli Lanners, avec Thomas VDB et Céleste Brunnquell en soutien, Une affaire de principe tombe finalement au bon moment. Pour rappel, on vote le 9 juin prochain aux élections européennes. Peut-être que ce film vous donnera l’envie de vous déplacer aux urnes… ou pas ! Quant à la directive en question, et pour la petite histoire, le texte fut finalement adopté à une très large majorité en 2014. 

Une affaire de principe

Un film de : Antoine Raimbault

Avec : Bouli Lanners, Thomas VDB, Céleste Brunnquell, Lisa Loven Kongsli, Maurizio Marchetti, Klaus Christian Schreiber, Joaquim de Almeida, Maria de Medeiros… 

Pays : France

Genre : Thriller, Drame 

Durée : 1h36

Sortie : le 1er mai

Note : 14/20

Laisser un commentaire