Bertrand Bonnello est un cinéaste à l’univers assez intello, voire très intello. Ce n’est assurément pas quelqu’un qui fera dans la comédie populaire. Attention ! Ce n’est pas un jugement de valeur ou une quelconque forme de mépris, mais c’est un fait, filmographie à l’appui. Dans l’ensemble de ses films, on ressent cette atmosphère assez particulière et lente, comme s’il tentait d’explorer en profondeur et chercher je ne sais quoi.
Nous sommes en 2044, à Paris. Gabrielle, une femme d’une trentaine d’années est anxieuse et submergée par ses émotions. Ces émotions humaines qui sont considérées comme une menace selon l’intelligence artificielle, devenue prépondérante. Pour s’en débarrasser, Gabrielle doit purifier son ADN, seule condition pour être acceptée en société et notamment trouver un meilleur emploi mais également trouver une paix intérieure. Pour ce faire, elle plonge dans ses vies antérieures. Dans celles-ci, elle y retrouve Louis. Louis, c’est un homme qui occupe une place essentielle dans son existence, c’est son grand amour. Gabrielle est cependant prise d’un gros pressentiment, pressentiment qui ne fera que grandir au fur et à mesure où elle explore son passé.
Comme je l’indiquais précédemment, le cinéma de Bonello est un peu spécial et je ne suis vraiment sûr qu’il plaise à tout le monde. La Bête n’échappe pas à la règle et très vite, le non-initié pourrait se trouver perdu dans le récit, peu aidé par un rythme lent et parfois (pour ne pas dire souvent) pesant. Néanmoins, cela serait caricatural de penser ainsi et même tomber dans le piège, La Bête se voulant plus subtil qu’il n’en a l’air.
Gabrielle est une jeune femme qui peine à contrôler ses émotions, dans la mesure où elles lui font plus de mal que de bien. Dans un Paris futuriste et vidé de ses rues, c’est une personne solitaire. Elle n’aime pas être seule pour autant mais elle n’a pas pratiquement pas d’amis, à l’exception d’une dénommée Sophie qu’elle n’a jamais rencontrée. Sa quête de réponses dans ses vies antérieures, c’est un peu la solution ultime pour trouver un certain apaisement.
Une quête qui n’est pas sans risques toutefois. Est-elle vraiment prête à maitriser ses sentiments face à certains évènements ? Une question qui est centrale d’autant que si Louis occupe une place importante, voire capitale dans son existence, pourquoi cet amour, cette attirance, cette complicité ne s’est-elle jamais concrétisée ? Louis peut-il être celui qui peut enfin la rendre heureuse ou bien est-ce celui qui la mène tout droit vers sa destinée ?
Avec 2h26 au compteur, La Bête peut paraître effrayant voire chiant. C’est une impression et difficile de faire autrement quand on s’appelle Bertrand Bonello mais on arrive quand même à retrouver le fil et à s’en sortir. Un film qui arrive même à nous surprendre car à la toute fin, vous êtes invité à scanner un code QR qui vous invite à lire le générique de fin directement de votre mobile ! Bien pratique d’autant qu’un petit bonus attend le spectateur
La Bête
Un film de : Bertrand Bonello
Avec : Léa Seydoux, George MacKay, Guslagie Malanda, Dasha Nekrasova, Martin Scali, Elina Löwensohn, Julia Faure…
Pays : France
Genre : Comédie
Durée : 2h26
Sortie : le 7 février
Note : 13/20




