Sous le tapis : Refoulements

Ariane Ascaride. Une actrice que j’apprécie beaucoup pour son jeu bien sûr mais aussi pour ses prises de position, voire son franc-parler. Une femme agréable qu’il est toujours sympa de retrouver sur grand écran pour nous faire rire ou tout simplement nous émouvoir. 

C’est probablement l’effet recherché avec son dernier film, une histoire douce-amère qui commence assez tragiquement. Tout commence avec l’anniversaire d’Odile. Elle est mariée depuis de longues années à Jean et ont deux enfants, Sylvie et Thomas. L’occasion pour réunir la famille et pour l’aînée de présenter Mathieu son compagnon, tout comme son frère venue avec Clara, sa compagne. Tout devrait être se dérouler pour le mieux, à un détail près. Jean, en allant récupérer une boite pour recoudre un bouton de sa veste, fait une crise cardiaque et décède brutalement. Sous le choc, Odile préfère échapper à cette dure réalité en cachant tout simplement son mari sous le lit. Toutefois, une fois la vérité dévoilée, comment parvenir à faire son deuil, et surtout comment arriver à dire « adieu » à celui qu’on aime ? 

On n’arrive jamais à se faire au décès de la mort d’un (très) proche surtout si elle survient de faire inattendue, tel un couperet. Dans ce cas de figure précis, on préfère le plus souvent être dans une forme de déni, retarder l’échéance notamment l’ultime, celui des adieux. C’est une situation que subit Odile qui n’arrive pas à accepter cette triste réalité. Alors qu’elle s’apprête à fêter son anniversaire avec tous celles et ceux qu’elle aime, voilà qu’elle se retrouve veuve. Dès lors, elle se protège en mettant au sens propre comme figuré les choses sous le tapis. Elle veut cacher la mort de Jean à ses enfants le plus longtemps possible comme pour retarder cette confortation avec le réel. 

Or ce réel, il finit bien par se manifester et de façon tout aussi brutale. Alors plutôt qu’être submergée par la peine et une douleur indescriptible, Odile tente de contourner l’obstacle et retarder l’échéance. Symboliquement, le corps sans vie de son mari reste encore à la maison comme si elle voulait prolonger sa présence, prendre le temps de lui dire « au-revoir » mais aussi et surtout accepter puis effectuer le nécessaire travail de deuil. Une phase particulièrement éprouvante qui progressivement la connecte avec son passé, un passé qu’elle a tout fait pour enterrer et qui revient de façon également inattendue. 

Porté par une Ariane Ascaride tout simplement touchante et remarquable, le tout avec une bande originale signée par -M- Sous le tapis est certes mélancolique sans être pour autant déprimant voire lugubre. On y parle acceptation du deuil mais aussi reconstruction et enfin résilience. 

Un film doux-amer. 

Sous le tapis

Un film de : Camille Japy

Avec :  Ariane Ascaride, Bérénice Bejo, Thomas Scimeca, Marilou Aussilloux, Stéphane Brel, Bernard Alane… 

Pays : France

Genre : Comédie dramatique

Durée : 1h38

Sortie : 19 juillet

Note : 14/20

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